La Fondation Émergence sensibilise les aînés aux enjeux LGBTQ+ en Abitibi-Témiscamingue

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La Fondation Émergence a tenu une formation le 26 novembre à 15h, destinée à tous les milieux et services offerts aux aînés de l’Abitibi-Témiscamingue. Cette formation spéciale inclura, en plus d'informations sur les enjeux vécus par les aînés LGBTQ+ et les bonnes pratiques, une intervention de deux organismes de la région, Fierté Val-d'Or et la Coalition d'aide à la diversité sexuelle de l'Abitibi-Témiscamingue ainsi qu'un témoignage d'une aînée locale. « Notre objectif est de rendre les milieux et services aux aînés inclusifs à la diversité sexuelle », fait savoir le chargé de programme à la Fondation, Julien Rougerie.

La sensibilisation des milieux des aînés

Pour monsieur Rougerie, il est important de sensibiliser les milieux aînés à la réalité des personnes aînées LGBTQ+ pour que ces dernières puissent vivre dans un environnement sain et inclusif. « Malheureusement, l'invisibilité des communautés LGBTQ+ au sein des aînés renforce l'idée qu'il n'est pas nécessaire d'en parler et de démontrer son ouverture. C'est donc d'autant plus important de parler de ces enjeux au public », a-t-il ajouté. Le choix de l’Abitibi-Témiscamingue, selon Julien Rougerie, s’explique par la dimension collaborative avec plusieurs acteurs dans la région. « Nous y avons des partenaires, comme Fierté Val-d’Or dont nous finançons le projet Vieillir en couleur », a-t-il expliqué.

Les enjeux de la population LGBTQ+

Si la COVID-19 a mis en lumière l’état fragile dans lequel se trouvent nos aînés, pour Julien Rougerie, il n’y a pas que la pandémie actuelle qui crée des dommages au sein de cette communauté. Les aînés LGBTQ+ demeurent une population largement invisible et donc particulièrement vulnérable. « Lors de notre dernière tournée, la majorité des résidences avaient refusé d’accueillir nos formations et outils, 100 % gratuits pourtant… Le tabou de la diversité sexuelle et de genre est très tenace dans ces milieux, notamment auprès de la direction qui ne souhaite pas toujours réaliser qu’ils peuvent bel et bien avoir un rôle à jouer pour des milieux plus accueillants envers le 10 % de leur clientèle qui est LGBTQ+, mais qui est contrainte de rester ou de retourner dans le placard », poursuit monsieur Rougerie.

Rejet et discrimination

À noter que la majorité des personnes aînées de la diversité sexuelle et de genre ne sont pas à l’aise d’être qui elles sont dans les milieux et services qu’elles fréquentent. Cela s’expliquerait, en partie par les multiples expériences de rejet et de discrimination qu’elles ont subies au cours de leur vie. Et plus leur âge est élevé, plus ces expériences ont été intenses.

Moulay Hicham Mouatadid, Initiative de journalisme local, Reflet Témiscamien (Le)