La juge Denise Descôteaux devant le Conseil de la magistrature du Québec

Michel Ducas, Initiative de journalisme local
·2 min read

MALARTIC, Qc — Deuxième journée d’audiences ce mardi pour la juge Denise Descôteaux, qui comparaît devant le Conseil de la magistrature du Québec pour des plaintes formulées par l’ex-directeur de la protection de la jeunesse en Abitibi-Témiscamingue, Philippe Gagné, et par une avocate du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Selon le libellé de la plainte, M. Gagné reproche à la juge de Val-d'Or d’avoir adopté une attitude méprisante envers plusieurs intervenants de la DPJ au cours de procédures judiciaires au Tribunal de la jeunesse.

Une autre plainte a également été déposée par Me Annick Murphy, du Directeur des poursuites criminelles et pénales, pour comportement abusif à son endroit et à l’endroit de certains de ses collègues.

Les plaintes en question touchent des périodes allant de 2016 à 2020.

Lundi et mardi, le Conseil a entendu des extraits d’enregistrements de procédures auxquelles participait la juge Descôteaux. Ces extraits ont été diffusés à huis clos, et un interdit de publication empêche d’en dévoiler la teneur.

Objections et témoignages

L’avocat de la juge, Me Raymond Doray, a fait entendre ses premiers témoins en après-midi mardi. Une avocate spécialisée en matière de jeunesse, Me Claude Cossette, a parlé de la juge comme «une avocate et une juge qui avait ses dossiers à cœur», une femme «à la voix qui porte, passionnée et expressive.»

Le comité a ensuite entendu le témoignage de Josée Turcotte, greffière-audiencière au palais de justice de Val-d’Or, sur un incident survenu le 30 avril dernier.

La juge Descôteaux aurait alors fait de sévères reproches à la DPJ et à une avocate dont le dossier lui semblait incomplet, voire bâclé.

Aux questions de Me Soulière, qui prétendait que la juge se serait excusée à l’avocate en question, la greffière a nié avoir conseillé à la juge de s’excuser.

Ce témoignage a aussi été le théâtre d’une empoignade procédurière entre les deux avocats, alors que Me Soulière, aux dires de son collègue, aurait posé des questions au témoin qu’il avait promis de ne pas poser.

La présidente du comité, Me Martine Tremblay, a dû suspendre pendant plusieurs minutes pour régler en privé le litige. Après entente, Me Soulière a reformulé ses questions.

La juge Descôteaux témoigne mercredi

Les procédures se sont poursuivies avec l’écoute d’autres extraits, notamment ceux de l’incident du 30 avril dernier. Encore une fois, comme ces extraits ont été diffusés à huis-clos, il est impossible d’en publier le contenu.

Un témoignage attendu, celui de la juge Descôteaux elle-même, prévu pour mercredi, en avant-midi. Elle aura alors la chance de s’expliquer sur le comportement qui lui est reproché.

Les audiences se tiennent par vidéoconférence, simultanément à Montréal, Québec, et Val-d'Or.

Texte de l'Initiative de journalisme local

Michel Ducas, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne