La mère de Matthew Raymond avait tenté de le convaincre de voir un médecin

Kevin Bissett
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FREDERICTON — La mère de Matthew Raymond, l'homme accusé de quatre meurtres au Nouveau-Brunswick, a raconté lundi au procès que son fils parlait constamment de théories du complot et qu'elle avait tenté de le convaincre de consulter un médecin.

Shirley Raymond a pris la barre lundi matin pour la défense lors du procès de son fils, accusé de quatre chefs de meurtre au premier degré. La défense et la Couronne ont déjà convenu que l'accusé avait abattu Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright, ainsi que les policiers de Fredericton Robb Costello et Sara Burns, en août 2018, et qu'il souffrait d'une maladie mentale. La défense tente maintenant de prouver que Matthew Raymond devrait être déclaré non criminellement responsable en raison de sa maladie mentale.

La mère a raconté aux jurés lundi que son fils croyait aux démons et à l'imminence de la fin du monde. «Il était paranoïaque. Il ne parlait pas au téléphone: il pensait que tous les téléphones étaient sur écoute», a-t-elle dit. Mme Raymond a déclaré que si elle regardait la télévision, son fils lui disait qu'elle regardait de fausses nouvelles, que des tueries aux États-Unis ou ailleurs n'avaient jamais eu lieu — que les gens allongés au sol étaient des acteurs.

«Tu dois aller voir ton médecin, tu es malade», lui aurait dit sa mère. Mais il refusait de demander de l'aide — il disait que la malade, c'était elle.

Mme Raymond a aussi raconté aux jurés que son fils avait commencé à stocker de la nourriture parce qu'il croyait que la fin du monde était proche et qu'ils devaient être prêts — notamment en pouvant aller chasser dans les bois pour se nourrir.

Elle a pensé avertir la police, mais son fils l'a prévenue qu'il ne lui parlerait plus jamais. Elle a estimé que son garçon n'avait rien fait d'illégal et que la police ne pouvait probablement rien pour lui. Le témoin a aussi déclaré que son fils avait cessé d'écouter de la musique et de regarder la télévision pour éviter les messages subliminaux maléfiques. La mère a vu son garçon une dizaine de jours avant la fusillade: il est venu chez elle et était en colère contre sa banque.

Elle a soutenu lundi qu'après avoir entendu parler de la tuerie ce matin-là, elle a essayé d'appeler son garçon pour lui dire de rester en sécurité, mais elle n'a pas pensé une seule seconde qu'il pouvait être l'auteur de la fusillade.

Kevin Bissett, La Presse Canadienne