De la politique à 13 $ l’heure

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Élu pour la première fois à 24 ans, Adam Rousseau en est à son troisième mandat comme conseiller municipal à Saint-François-Xavier-de-Brompton. Il investit en moyenne entre 10 et 15 heures par semaine dans ce rôle et touche quelque 7000 $ par année.

Un petit calcul rapide permet de constater que, dans le meilleur des cas, le temps consacré à la politique municipale est payé un peu plus que le salaire minimum. S’il consacre plus de 10 heures par semaine, le taux horaire descend encore plus bas. Si à l’inverse un conseiller ne consacre que quelques heures par mois à la fonction, le salaire horaire sera beaucoup plus haut. Il n’y a pas de balises claires sur le nombre d’heures que doivent travailler les élus municipaux.

« Je regarde le maire de Saint-François-Xavier-de-Brompton, qui n’est pas une énorme municipalité mais qui est en croissance, et il peut mettre en moyenne 30 heures par semaine, explique Adam Rousseau. Avec le contexte de méfiance, on est souvent embêté lorsqu’on fait une demande de remboursement et, souvent, on assume les frais. C’est une job 24/7 et 365 jours par année. Un élu actif devrait se payer. »

Cette réalité fait en sorte selon lui que le rôle d’élus convient beaucoup plus à des gens qui n’ont pas d’obligations financières.

« La job d’élu municipal dans les petites communautés, c’est pour les riches et les retraités, lance-t-il. Il ne faut pas se le cacher. Une personne à la préretraite ou indépendante de fortune n’aura pas d’enjeux à réduire ses heures de travail et être à 30 heures par semaine à son emploi principal. »

Adam Rousseau pense à se présenter comme maire de sa municipalité en 2021 et pourrait justement faire campagne sur l’enjeu des salaires.

« Je pense à faire ma campagne électorale avec comme objectif qu’à la fin de mon mandat le maire soit à temps plein, explique-t-il. Après cela, n’importe qui qui voudra se présenter n’aura plus les limites du temps partiel combiné à d’énormes responsabilités. »

Les délais de mise en œuvre des projets, les rencontres en journée durant la semaine avec des ministères ou des firmes pour des projets et le manque de flexibilité de certains employeurs sont aussi des freins, selon lui, à l’implication de la jeunesse. Le rôle d’élu reste tout de même, malgré les désagréments, l’un des emplois les plus gratifiants, assure Adam Rousseau.

« Il y a des défaites et des déceptions, mais aussi plein de victoires qui amènent un accomplissement professionnel qui vaut beaucoup d’argent, résume-t-il. On a réellement un impact. Il a toutefois encore beaucoup de choses à améliorer. »

Simon Roberge, Initiative de journalisme local, La Tribune