La pression monte pour que Legault exempte les personnes itinérantes du couvre-feu

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QUÉBEC — La pression s'est encore accentuée sur le gouvernement Legault, lundi, afin qu'il exempte les personnes en situation d'itinérance du couvre-feu.

Cette mesure sanitaire représente une menace directe à la santé et à la sécurité des sans-abri, ont dénoncé d'une seule voix des représentants des trois partis d'opposition et du milieu communautaire.

Le débat fait rage depuis plusieurs jours au Québec, le premier ministre François Legault refusant catégoriquement d'exempter les personnes itinérantes du couvre-feu de 20h.

Il a justifié son refus la semaine dernière en déclarant que selon lui, s'il y a exemption, n'importe qui pourra s'improviser itinérant afin de ne pas recevoir de contravention.

M. Legault a par la suite essuyé de vives critiques, dont celles du gouvernement fédéral de Justin Trudeau, qui l'a appelé à faire preuve de plus de flexibilité et d'humanité.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'est aussi dite profondément «déçue» du refus de M. Legault.

Une pétition lancée par le Parti québécois (PQ) demandant que les sans-abri soient exemptés des règles du couvre-feu a amassé jusqu'à maintenant plus de 20 000 signatures.

«Faut-il attendre une autre tragédie?»

Lundi, le Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ) a rappelé que les itinérants ont peur de se faire intercepter par la police.

Lorsqu'ils se cachent, cela les expose davantage à un risque de surdoses, à la violence et à la judiciarisation, a renchéri le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

Rappelons qu'un homme innu, Raphaël André, est mort dans une toilette chimique à Montréal, le 17 janvier dernier. «Est-ce qu'il faut attendre une autre tragédie?» a demandé la libérale Paule Robitaille.

«Le premier ministre, il s'est trompé, a déclaré pour sa part Alexandre Leduc, de Québec solidaire. Il s'enfonce avec des explications farfelues. Tout le monde le constate. Il y a un consensus.»

Par ailleurs, le gouvernement va à l'encontre de son propre objectif d'éliminer les rassemblements lorsqu'il tente d'entasser les itinérants dans des refuges, a ajouté le porte-parole du PQ en santé, Joël Arseneau,

«Le couvre-feu, c'est pour contenir la propagation de la pandémie. Est-ce que cette mesure-là appliquée aux personnes en situation d'itinérance contribue à l'objectif? La réponse, clairement, c'est non», a-t-il dit.

«C'est contre-productif.(...) On a vu que près de 200 personnes avaient contracté le virus parce qu'elles devaient fréquenter ces refuges. Alors est-ce que c'est vraiment ce que l'on souhaite?»

La Cour supérieure se penche actuellement sur une requête déposée vendredi par la Clinique juridique itinérante (CJI), qui vise à forcer Québec à exclure les sans-abri du couvre-feu «de toute urgence».

Caroline Plante, La Presse Canadienne