La rivière Magpie devient une « personne juridique »

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La municipalité régionale de comté (MRC) de Minganie et le Conseil des Innus d’Ekuanitshit ont accordé le statut de « personnalité juridique » à la rivière Magpie afin de la protéger de menaces futures, telle la réalisation d’un projet hydroélectrique.

Le 16 février, les deux entités politiques ont adopté des résolutions donnant neuf droits juridiques à la rivière, dont celui de lui d’être représentée par des « gardiens » nommés par la MRC et les Innus. Les « gardiens » auraient « le devoir d’agir au nom des droits et des intérêts de la rivière et de veiller à la protection de ses droits fondamentaux ».

D’autres résolutions précisent les droits spécifiques de la Magpie, Mutehekau Shipu en innu-aimun, aura des droits spécifiques, dont celui de maintenir sa biodiversité naturelle et d’intenter une action en justice. L’obtention d’une personnalité juridique pour une rivière est une première au Canada.

Mutehekau Shipu, située sur le Nitassinan (territoire traditionnel de la Nation Innue), est un site très important aux yeux de la communauté d’Ekuanitshit, qui y pratique des activités traditionnelles. Avec ses 280 kilomètres de longueur et ses rapides, la rivière est aussi reconnue comme une destination incontournable pour le rafting, selon le magazine National Geographic.

Hydro-Québec a soulevé la possibilité de construire un barrage hydroélectrique sur la Magpie, même si « aucun projet n’est en vue à court ou à moyen terme », a indiqué la société d’État en précisant qu’il était impossible de prévoir les besoins énergétiques futurs de la province.

L’Alliance Mutehekau Shipu, composée de la MRC de Minganie, du Conseil des Innus d’Ekuanitshit, de la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et l’Association Eaux-Vives Minganie, réclamait la protection de la totalité de la rivière et d’une partie signification de son bassin versant. Le projet d’aire protégée d’une superficie de 2630 km2 a été débouté par le gouvernement du Québec en 2020.

Laurence Dami-Houle, Initiative de journalisme local, Le Portageur