La santé mentale au cœur des préoccupations des municipalités

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Le 26 novembre, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) soumettait son mémoire lors des audiences publiques du Comité consultatif sur la réalité policière. Parmi les grands enjeux abordés, l’importance pour le gouvernement de se doter d’une stratégie proactive afin de faire face au problème grandissant de la gestion des cas de santé mentale dans la province.

La présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, était en ondes à Radio-Canada pour discuter des principaux points soulevés dans le document soumis.

« C’est une constatation que l’on fait depuis plusieurs années, a expliqué la mairesse lors de son entretien avec l’animateur Patrick Masbourian. Avec le désengagement du gouvernement en matière de santé mentale, on se retrouve avec des corps policiers qui doivent faire de plus en plus d’interventions. De 2016 à 2019, on parle d’une augmentation de 20% des appels qui sont liés à des enjeux de santé mentale, que ce soit une question de détresse de suicide ou de schizophrénie. Ce sont souvent des situations de crise qui demandent des interventions lourdes et prennent beaucoup de temps. »

À titre d’exemple, la présidente de l'UMQ mentionne le cas de Sherbrooke où les policiers consacrent 17 heures de travail au quotidien à la gestion de situations impliquant des citoyens aux prises avec de potentiels ennuis de santé mentale.

« Et ça ne touche pas que les grandes villes, a ajouté Mme Roy. Je pense entre autres à la Régie intermunicipale de police Richelieu/Saint-Laurent. On y reçoit 2 000 appels par année qui sont liés à la santé mentale. C’est vraiment un phénomène qui croît. Les policiers doivent remplacer le filet de sécurité social depuis le désengagement des dernières années dans le milieu de la santé. Et ce, sans avoir nécessairement tous les outils pour pouvoir intervenir. »

La mairesse a également profité de l’occasion pour rappeler l’importance de tenir compte également du bien-être des agents qui doivent intervenir dans des situations parfois délicates et éprouvantes.

« Il faut penser à la santé psychologique de nos policiers. Nous croyons qu’il pourrait vraiment y avoir une campagne ayant pour but de valoriser leur métier. Question notamment de renforcer le lien de confiance qui existe avec la population. Cela permettrait par ailleurs d’augmenter le bassin de candidats et candidates au niveau du recrutement. Ce sont des éléments qu’il nous semble important de soulever à ce moment-ci de l’histoire de nos corps policiers. »

Steve Martin, Initiative de journalisme local, La Relève