La valorisation du métier et des petites fermes au programme de l’UPA-Estrie

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local
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Sherbrooke — Les producteurs agricoles de l’Estrie souhaitent sensibiliser davantage les citoyens à leur réalité. À la suite de controverses récentes entourant deux projets de porcheries dans la MRC du Val-Saint-François, la Fédération de l’UPA-Estrie a reçu le mandat du syndicat local de plancher sur une stratégie qui s’assurera d’une cohabitation harmonieuse entre les producteurs agricoles, les citoyens et les nouveaux citoyens en milieu rural.

Cette résolution a été présentée et adoptée à l’Assemblée générale annuelle du syndicat régional, mardi dernier.

« Dans le Plan de développement de zone agricole, il y a un axe de développement qui est de reconnaître l’agriculture et de favoriser la cohabitation. On demande aux MRC de prendre des mesures afin que ce soit appliqué », affirme le président de l’UPA-Estrie, François Bourassa.

Cette volonté s’inscrit aux côtés notamment de la résolution d’urgence déposée par l’ensemble des syndicats locaux pour faire accélérer l’installation d’internet à large bande et de la couverture cellulaire en zone rurale.

Les syndicats locaux du Haut-Saint-François, de Memphrémagog et des Sources ont également amené à la table une résolution portant sur la contribution des petites fermes à l’autonomie alimentaire. On demande à l’Union des producteurs agricoles de dresser un portrait de l’autonomie alimentaire du Québec, ou de rendre celui-ci disponible s’il est déjà réalisé, en y intégrant la contribution des fermes de petite taille. On souhaite également exposer les obstacles qu’elles rencontrent pour contribuer à l’autonomie alimentaire du Québec, et on demande de présenter des actions concrètes et de développer des outils en leur faveur.

« On parle beaucoup d’autonomie alimentaire et de circuit court, mais par exemple, si on parle d’abattage et de services pour les fermes de petite taille, ce n’est souvent pas accessible ou il y a de grandes distances à parcourir, mentionne M. Bourassa. Je crois aussi qu’il va falloir que des ajustements soient faits autant du côté des petites fermes que du côté gouvernemental. Les appels d’offres provinciaux, ce n’est pas ça qui favorise l’achat local. Ils vont devoir devenir plus régionaux. Du côté des fermes de petite taille, à mon avis, elles vont devoir se regrouper pour offrir plus de volume et diversité ensemble. »

En Estrie, c’est près de 50 % des fermes qui sont considérées de petite taille, avec un revenu un inférieur ou égal à 50 000 $.

Un agriculteur au CSS des Haut-Cantons ?

Pour assurer que les intérêts agricoles soient pris en compte dans le contexte des nouveaux centres de services scolaires, les producteurs des MRC de Coaticook et du Haut-Saint-François souhaiteraient qu’un poste soit réservé pour l’agriculture au sein du conseil d’administration du Centre de services scolaires des Haut-Cantons.

« Coaticook a le CRIFA et le Granit a la Maison familiale rurale. Il y a beaucoup d’institutions qui sont reliées à l’agriculture dans cette région-là », précise M. Bourassa.

Or, la séance de cooptation pour désigner les cinq « membres de la communauté » du CA de CSSHC a eu lieu le 15 octobre dernier. La conseillère en communications du CSSHC Marie-Claude David explique que le souhait s’est bien rendu jusqu’au centre de services scolaires, mais qu’il n’a pas le pouvoir de décider de la composition du CA, celle-ci relevant de la loi.

Un agriculteur aurait cependant pu se présenter comme membre de la communauté ayant une expertise dans le milieu des affaires, ou comme membre âgée entre 18 et 35 ans, comme le veulent les différents postes.

Exemption pour les bennes agricoles

Mardi, presque l’entièreté des regroupements locaux a également émis le souhait que l’UPA demande au gouvernement une exemption à la nouvelle loi en vigueur sur le dispositif des bennes, lorsque celle-ci est tirée par un tracteur agricole.

« Ça dit que les bennes doivent être munies d’un système sonore et lumineux lorsque la benne est levée. Ça a été mis en application suite à quelques cowboys qui détruisaient des structures sur l’autoroute, et là on applique ça à tout le monde, même si pour les agriculteurs la remorque ne nécessite pas d’immatriculations et qu’on traverse la rue une fois. C’est des sous et c’est exagéré », croit M. Bourassa.

Durant cette AGA, le vice-président de la Fédération de l’UPA-Estrie, Michel Brien, a également été réélu pour cette position. Le producteur de lait et de foin de commerce à Racine entame ainsi son deuxième mandat.

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune