La vie après Internet

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En mars 2019, Charles-Olivier Rochon et sa conjointe, deux résidents de Saint-Colomban, décident de se déconnecter. Pas d’Internet, pas de câble non plus. Juste un cellulaire à la carte. Ils vous encouragent à tenter l’expérience.

« Au début, c’est un défi qu’on s’est lancé. On voulait passer plus de temps ensemble. On était pratiquement tout le temps là-dessus! » Charles-Olivier raconte que sa conjointe et lui passaient trop de temps sur les réseaux sociaux, à regarder des vidéos sur YouTube, à suivre l’actualité et à jouer à des jeux vidéos… chacun de leur côté.

Le couple décide donc de se déconnecter, complètement. « On avait essayé une autre fois avant. On a résisté 2 mois, puis on a abandonné le projet. C’était trop difficile. On n’avait rien à faire! », confie le résident de Saint-Colomban. Mais cette fois, le couple est déterminé.

Charles-Olivier admet que l’adaptation a été difficile. « Normalement, je clique sur un piton, et j’ai accès à tout! Maintenant, je ne sais pas à quelle heure ouvre le magasin. Je ne peux même pas savoir le numéro du magasin! Donc il faut que tu ailles sur place. » L’aspect pratique de la technologie est certainement ce qui lui manque le plus.

« Il y a aussi beaucoup de jugement des autres. Les gens ne comprennent pas pourquoi tu n’es pas connecté. Il faut que tu leur expliques que c’est un choix que tu fais. » Il donne pour exemple la difficulté qu’il a eue à expliquer ce changement de mode de vie à sa mère.

Bien que garder le contact avec ses proches n’est pas difficile, pour le cercle social étendu, c’est plus compliqué. « Les gens organisent des évènements sur Facebook, et si tu disparais de là, ils t’oublient. Ils ne t’appelleront pas. »

Pour Charles-Olivier, les bénéfices contrebalacent toutefois amplement les inconvénients. Meilleur sommeil, moins de stress et, surtout, plus de temps. « Quand tu reviens le soir, tout ce que tu as à faire, c’est de préparer le souper et de jaser avec ta blonde. »

« Un autre avantage : tu n’écoutes pas les nouvelles! Tu n’es pas trop au courant de ce qui se passe, et tu n’es pas bombardé de mauvaises nouvelles. » Charles-Olivier donne l’exemple de la pandémie et du décompte journalier des cas, dont il est heureux de ne pas suivre l’évolution au jour le jour.

Il dit aussi avoir redécouvert des activités délaissées, comme la raquette et les jeux de société, et en avoir découvert d’autres, comme le golf. « Juste passer une soirée à jouer une partie de cartes avec des amis, ça n’arrivait plus souvent… » Certains amis qui venaient lui rendre visite (avant la pandémie) étaient surpris qu’il n’ait ni wifi, ni câble, raconte-t-il. « On va faire un feu dehors. C’est comme ça qu’on passe le temps ici! »

Et même si ce n’était pas l’objectif de sa déconnexion, Charles-Olivier aime bien les économies réalisées.

« Avec 100-150 $ par mois, tu peux faire beaucoup d’activités autre que de passer ton temps devant la télé! Tu en as beaucoup, des cornets, des films [loués au club vidéo], des bouteilles de vin ou des jeux de société… »

Depuis mars 2020, le couple a dû se reconnecter pour le télétravail. Mais leur nouveau mode de vie est demeuré.

« La journée où on est en mesure de se déconnecter, on le fait. »

Charles-Olivier dit aussi avoir influencé quelques amis, qui lui racontent avoir tenté l’expérience à leur tour. Certains se déconnectent maintenant une journée par semaine, le dimanche par exemple.

« Je recommande à tout le monde d’essayer, au moins une fois, pour qu’ils voient leur niveau de stress baisser et leur vie familiale et de couple s’améliorer. »

Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès