La Ville acquiert les deux tiers du site du musée Armand-Frappier

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Le conseil municipal a autorisé hier soir une dépense de 7,2 M$, taxes incluses, pour l’acquisition de 66 % du site du musée Armand-Frappier, situé au 520, boulevard des Prairies.

Le terrain appartenant désormais à la municipalité correspond à «toute la bande riveraine», a indiqué le maire Marc Demers lors de l’assemblée. Le parc municipal que la Ville y aménagera donnera sur 320 mètres de berges en bordure de la rivière des Prairies.

D’une superficie de 27 715 mètres carrés, cet espace public équivaut à 17 patinoires de la Ligue nationale de hockey, illustrait M. Demers dans un communiqué publié en fin de soirée.

Avec la marina Le Commodore, dans Pont-Viau, le terrain boisé adjacent à la berge des Baigneurs, dans Sainte-Rose, et les deux grandes îles de l’archipel Saint-François, ce terrain en rive de Laval-des-Rapides porte à quatre le nombre d’acquisitions aux fins d’aménagement de parcs et d’espaces verts ou de conservation depuis le printemps.

Maison des aînés

Le parc riverain voisinera avec la première maison des aînés que le gouvernement Legault implantera sur le territoire lavallois.

L’annonce avait été faite la veille par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. Il s’agira d’un complexe de huit bâtiments climatisés de 12 places chacun, totalisant 96 chambres individuelles. Un projet évalué à 52 M$, dont la mise en chantier n’a toutefois pas été précisée.

L’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a ainsi vendu le dernier tiers du terrain au ministère de la Santé et des Services sociaux afin de répondre aux besoins du CISSS de Laval en matière d’hébergement.

La transaction globale, qui s’est conclue le 18 novembre, s’élève à 15,34 M$. Le Ministère aurait donc payé 8,5 M$, avant taxes, pour 34 % du terrain, soit 1,66 M$ de plus que la Ville qui met la main sur un terrain deux fois plus grand, incluant le bâtiment patrimonial qui abrite le Musée.

«Par la vente de ce terrain situé sur le campus de notre établissement de recherche universitaire, nous sommes heureux de contribuer à la réalisation des projets structurants de la Ville de Laval, du CISSS de Laval et du ministère de la Santé et des Services sociaux», a déclaré par communiqué le directeur général de l’INRS, Luc-Alain Giraldeau.

L’administration Demers convoitait ce terrain depuis 2014, avait laissé savoir le maire à la séance du conseil de juillet 2018 lorsqu’un citoyen du secteur, Raymond Lamothe, était venu proposer à la Ville d’en faire l’acquisition. Même que les pourparlers entre la Municipalité et l’INRS étaient déjà engagés, précisait Marc Demers.

M. Lamothe rêvait de ce parc riverain que le corridor vert piétonnier du boulevard Armand-Frappier relie au centre-ville.

En octobre de la même année, le conseil municipal avait adopté à l’unanimité la proposition formulée par le conseiller de l’opposition officielle, Claude Larochelle, à l’effet d’entreprendre «des démarches urgentes auprès du propriétaire»… avant qu’un promoteur immobilier ne flaire la bonne affaire.

L’espace vert sera baptisé du nom de Parc Armand-Frappier en l’honneur de ce pionnier de la recherche en microbiologie et de la médecine préventive au pays.

Rappelons qu’en 1938, s’inspirant du modèle de l’Institut Pasteur, Dr Armand Frappier (1904-1991) fondait à Laval l'Institut de microbiologie et d'hygiène de l'Université de Montréal. Trente-quatre ans plus tard, en 1972, cette institution devenait une des constituantes de l'Université du Québec, puis un des quatre centres de recherche de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) en 1999.

C’est autour de l’Institut Armand-Frappier que se déployait en 1989 le Parc scientifique et de la haute technologie et, en 2001, la Cité de la biotechnologie et des sciences de la vie au Québec.

Stéphane St-Amour, Initiative de journalisme local, Courrier Laval