Lac Saint-Pierre: la Défense nationale va amorcer la désactivation d’une bombe à retardement

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De 1952 à 1999, le lac Saint-Pierre a servi de terrain d’essai de tir, précisément au sud de la voie maritime, entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières. Le Centre d’essais et d’expérimentation en munitions (CEEM) de Nicolet y a tiré plus de 500 000 projectiles pour tester le fonctionnement de munitions d’artillerie. Près de 3 % des obus encore présents dans le lac sont dangereux et doivent être retirés selon la Défense nationale.

Des études bouclées en 2015 ont déterminé la zone prioritaire d’intervention, qui se trouve dans la partie sud du lac, incluant l’ancienne zone de tir. Cette portion est sollicitée toute l’année pour un certain nombre d’activités humaines telles que la navigation de plaisance, la chasse ou la pêche.

« 21 778 objets métalliques ont été détectés au sein de cette zone prioritaire et devront être retirés du lac, dont environ 14 000 devraient être des projectiles, les autres pouvant être des débris de munitions ou d’autres débris ne provenant pas de munitions», explique la Défense nationale (MDN), qui envisage le retrait de 2400 munitions par an sur une période de 9 ans.

Les responsables assurent que «la plupart des projectiles retrouvés sont sécuritaires à déplacer et seront détoné sur la propriété du MDN, mais une partie (environ 5%) doit être détonée sur place, créant des impacts sur l’habitat et la santé des poissons.»

Les détonations sont prévues d’ici la prise de glace pour réduire les risques que de nombreuses espèces courraient si les opérations devaient se dérouler au printemps. C’est le cas des oiseaux migrateurs ou des espèces de poisson dont la reproduction et l’alevinage ont lieu dans le lac Saint-Pierre.

À ce chapitre, la Défense nationale prévoit des mesures d’atténuation telles que «le respect d’une quantité maximale d’explosifs par détonation ; le confinement des détonations à l’aide de sacs de sable et la vérification de la présence d’oiseaux ou de mammifères sur le site avant la détonation.»

Un périmètre de sécurité de 1 240 m sera déterminé autour du projectile à faire détoner, et la navigation interrompue pendant les travaux. Le MDN évite les moments de grande affluence tels que la première semaine de la chasse à la sauvagine dans les marais riverains. Des avis publics seront régulièrement publiés sur les horaires de ces travaux prévus pour durer plusieurs années.

Séance publique d'information le 9 novembre

Une séance publique d’information sur le projet d’atténuation du risque à la sécurité liée à ces munitions explosives non explosées (UXO-Unexploded Explosive Ordonance) se tiendra le 9 novembre prochain.

La rencontre se déroulera uniquement par des modes numériques en raison des restrictions liées à la lutte contre la pandémie de Covid-19. En direct sur son site Internet et sa page Facebook à 19 h 30, le BAPE va renseigner le public sur le projet, la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement, le processus de consultation du public ainsi que son rôle dans le projet.

À la suite des présentations du BAPE et du ministère de la Défense nationale qui a entrepris le projet, le public pourra interagir au téléphone ou sur les plateformes numériques dédiées.

«Les citoyens, les groupes, les municipalités ou les organismes qui souhaitent que le BAPE fasse un examen public sur les aspects sociaux, écologiques et économiques du projet ont jusqu’au 19 novembre 2020 pour faire une demande de consultation publique ou de médiation auprès du ministre de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques», précise un communiqué, qui ajoute que la documentation est tout aussi disponible en ligne dans le registre des évaluations environnementales du ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques.

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local, Le Canada Français