Le biocharbon : Un produit d’avenir?

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En activité depuis un an, la vitrine technologique Agrinova-BioChar Boréalis est devenue une référence canadienne dans la transformation de résidus forestiers en biocharbon. Selon l’organisation, ce produit pourrait bien devenir un élément indispensable pour la lutte aux changements climatiques.

Même si le charbon artisanal à des fins environnementales se fait depuis des millénaires, la recherche et le développement n’en sont qu’à leurs débuts. BioChar Boréalis, qui se spécialise dans la pyrolyse, travaille en étroite collaboration avec Agrinova, afin de démontrer les effets positifs du produit.

« Il y a 20 ans, on n’en parlait pratiquement pas. Aujourd’hui, on commence à retrouver de plus en plus de produits à base de biocharbon sur les tablettes », constate Régis Pilote, chercheur et chef d’équipe en milieu industriel et responsable des projets à l’international chez Agrinova.

Application

Le biocharbon est fabriqué à même des résidus de bois forestiers tels que des copeaux ou du brin de scie. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec sa multitude de gisements forestiers, est particulièrement utile pour la vitrine technologique BioChar Boréalis, qui possède deux fours pyrolyseurs.

Chauffés à haute température (400 °C) sans oxygène, les résidus deviennent du biocharbon. Ceux-ci peuvent être utilisés comme fertilisant. Ils peuvent ainsi faciliter le reboisement des sols pauvres en nutriments, valoriser les anciens sites miniers et les sols contaminés en les rendant fertiles à la végétalisation.

Le biocharbon absorbe les pesticides, limitant ainsi le déplacement des contaminants vers les nappes d’eau. Il peut aussi être utilisé comme biocarburant de deuxième génération.

Recherches

Agrinova effectue des recherches sur l’utilisation du biocharbon à des fins animales. « Les ruminants sont sensibles aux problèmes d’acidose. En petite dose, le biocharbon va agir comme un tampon sur le pH. Dans les élevages comme le porc ou le bœuf, on a constaté des gains de poids. Après leur ingestion, on se retrouve avec un fumier enrichi en biocharbon, le phosphore étant moins lessivé et l’azote moins volatilisé. Ça agit comme un engrais à libération lente », ajoute Régis Pilote.

Le biocharbon peut également être saupoudré dans les litières pour volailles afin d’absorber l’ammoniac, limitant ainsi les odeurs.

Défi

BioChar Boréalis brille notamment auprès d’entreprises ontariennes, britanno-colombiennes et a participé à des colloques un peu partout en Amérique du Nord. Toutefois, le défi est de rayonner à l’échelle mondiale.

Pour l’instant, peu de résultats de leurs recherches sont publiés dans des articles scientifiques. Régis Pilote assure que cela viendra graduellement. En effet, BioChar Boréalis entend notamment collaborer avec des chercheurs l’UQAC dans le développement des biohuiles, un engrais organique.

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Julien B. Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Lac St-Jean