Le cas de COVID-19 à Kegaska est sous contrôle

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Un employé d’un sous-contractant d’Hydro-Québec a reçu un résultat positif à la COVID-19 quelques heures après être arrivé à Kegaska, vendredi.

Lui et deux autres collègues avec qui il a eu des contacts étroits ont été immédiatement isolés, puis rapatriés samedi matin. Selon les informations du porte-parole d’Hydro-Québec Francis Labbé, « la santé publique de la Côte-Nord estime que les chances de propagation sont très, très minces ». « Il n’y a pas d’éclosion sur la Basse-Côte-Nord », a stipulé M. Labbé.

Le 6 novembre, le travailleur infecté est monté à bord d’un avion nolisé par son employeur. À son arrivée, il a pris place à bord d’un camion avec deux autres collègues pour se rendre à Kegaska. Une fois à l’Auberge Brion, le travailleur a pris un plateau de nourriture préparé à cet effet avant de monter dans sa chambre en occupation simple. Quelques instants plus tard, il a reçu un coup de téléphone l’informant qu’il avait contracté la COVID-19. Il a ensuite été placé en isolement, de même que les deux collègues avec qui il était lors du transport en camion.

« Ces gens-là n’ont pas passé 24 heures sur les lieux et ils ont suivi, semble-t-il, les mesures de sécurité tout au long », a déclaré Francis Labbé en mentionnant le port du masque lors des déplacements et dans les endroits publics. Le travailleur infecté et ses collègues n’ont donc pas mis les pieds sur le site du chantier du raccordement du village de La Romaine et d’Unamen-Shipu auxquels ils étaient affectés.

Un filet de sécurité mis en place

Les employés d’Hydro-Québec et ceux de ses sous-contractants sont considérés comme des travailleurs essentiels par la santé publique. La société d’État les oblige à se faire dépister avant de se déplacer. Une fois sur place, ils sont tenus de ne pas entrer en contact avec les gens du milieu et respecter les mesures sanitaires de base. Généralement, ils doivent obtenir un résultat négatif avant leur départ et/ou s’isoler après leur arrivée jusqu’à ce qu’ils reçoivent leur résultat.

« Dans un monde idéal, la personne aurait reçu son résultat d’examen la veille, mais ce n’est pas toujours possible », concède Francis Labbé.

Hydro-Québec refuse d’identifier la compagnie pour laquelle travaille l’employé infecté. « On s’est aperçu au fil des mois que des entreprises s’amusaient à laisser courir des bruits sur d’autres entreprises, alors nous on a choisi de ne pas nommer les sous-traitants. »

Le raccordement va bon train

Les travaux au chantier du raccordement du village de La Romaine et d’Unamen-Shipu ont repris depuis le 8 septembre dernier. À l’est de la rivière Washicoutai, 25 travailleurs sont à l’œuvre, tandis qu’ils sont une quarantaine dans le secteur à l’ouest. Ceux-ci sont logés dans des pensions et des auberges de Kegaska, Natashquan et Aguanish. Les équipes devraient être en place jusqu’au mois d’avril, a indiqué le porte-parole d’Hydro-Québec Stéphane Dumaresq.

La Romaine et la communauté innue d’Unamen-Shipu sont les deux derniers villages de la Basse-Côte-Nord à ne pas être fournis en énergie renouvelable. Depuis janvier 2019, Hydro-Québec effectue des travaux de construction d’une nouvelle ligne électrique entre Natashquan et La Romaine, afin de fermer la centrale thermique qui alimente la localité de la Basse-Côte-Nord depuis les années 70. Au moment d’écrire ces lignes, 80 % des portiques entre Natashquan et La Romaine/Unamen Shipu étaient terminés et ces travaux devraient prendre fin le 18 décembre prochain.

Initialement estimé à 32 millions de dollars, Hydro-Québec « s’attend à ce qu’il ait des augmentations de coûts » en raison de la fermeture des chantiers au mois de mars, la reprise progressive des travaux et les protocoles sanitaires mis en place pour endiguer la COVID-19.

Malgré ces obstacles, la mise en service de la ligne électrique est toujours prévue pour l’été 2021.

Laurence Dami-Houle, Initiative de journalisme local, Le Portageur