Le centre-ville de Sherbrooke fébrile pour un marathon

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Sherbrooke — Un petit marathon attend les restaurateurs de Sherbrooke d’ici leur ouverture, la semaine prochaine. Mais la joie et le soulagement sont bel et bien au rendez-vous, assure la propriétaire du restaurant Auguste, Anik Beaudoin.

« C’est certain qu’on ne s’attendait pas à ce que ce soit bien d’avance quand on a vu comment ça fonctionnait depuis un bout. On se retrousse les manches et il faut accélérer tout ça, mais on est contents », indique celle qui prévoit ouvrir son restaurant de la rue Wellington Nord les 11, 12 et 13 mars.

Les restaurateurs qui ouvrent leur salle à manger devront se plier à plusieurs règles : en plus de fixer la limite à deux adultes (pouvant être accompagnés de leurs enfants) par table, de tenir un registre et d’imposer la réservation obligatoire, ils devront s’assurer que les clients demeurent bel et bien dans une zone du même palier que l’Estrie.

C’est surtout cette dernière consigne qui inquiète Mme Beaudoin. « Ça va être quelque chose à gérer, mais on le dit quand les gens réservent et je pense qu’ils sont assez respectueux pour comprendre les règles, alors ça devrait bien se passer. La seule crainte que j’ai, c’est qu’on prenne des réservations dans le vide, par exemple certains pourraient réserver et quand on va leur dire qu’ils doivent présenter une pièce d’identité, ils vont décider de ne pas se présenter tout simplement. »

Mme Beaudoin rouvrira son établissement avec une plage horaire rétrécie. En attendant, elle devra planifier ses commandes rapidement et procéder à des embauches pour compléter sa brigade.

« J’ai eu un départ en congé de maternité et deux réorientations, alors j’ai quand même perdu trois personnes depuis un an. Mais mon équipe a bien bien hâte! » s’exclame-t-elle.

Interrogé mercredi sur la possibilité de faire basculer certaines régions au rouge à nouveau, François Legault a assuré qu’il s’agissait d’un « risque bien calculé » et qu’une marge de manœuvre était prévue en cas de propagation accélérée durant la semaine de relâche.

Mme Beaudoin ne craint pas non plus de devoir refermer. « Je suis assez confiante que cette fois-ci soit la bonne, dit-elle. Les restaurants, honnêtement, ils font bien leur travail. On n’a jamais été une zone d’éclosion. Ça n’a jamais été nous le problème. On va continuer à faire notre beau travail et à appliquer nos règles. »

Au centre-ville

Comme coprésidente de l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke, Mme Beaudoin témoigne de la même effervescence au cœur de la ville.

« Tout le monde est un peu stressé et tout le monde trouve ça un peu rapide. Ça nous demande de nous revirer de bord assez rapidement, et certains devront comme moi embaucher, mais tout le monde est content de rouvrir. On est vraiment rendus là », rapporte-t-elle.

La réouverture des restaurants devrait apporter un vent de fraicheur au quartier et aider à faire monter les ventes des détaillants déjà ouverts, mais pourquoi ne pas donner un coup de pouce final et permettre à nouveau le stationnement gratuit au centre-ville? suggère celle qui avait beaucoup apprécié cette initiative de la Ville durant le temps des Fêtes.

Pour la suite, l’entrepreneure est remplie d’espoir malgré les grands travaux qui teinteront le centre-ville encore un bon moment ainsi que les multiples fermetures et déménagements.

« On s’engage dans de gros travaux et on s’en va dans une période qui va brasser, mais on sait pertinemment que c’est pour le mieux. Tout le monde a le souci de se serrer les coudes. C’est assez impressionnant ce qui va se passer dans les prochains mois. Il ne faut pas juste voir les travaux et les problèmes que ça apporte. Ça fait des années et des années qu’on attend ça à Sherbrooke et ça fait des décennies que le centre-ville crie. Il doit recevoir de l’amour et ça passe par un peu de souffrance. Il y a des mesures d’atténuation avec la Ville et on est toujours en communication avec eux pour exprimer nos besoins pendant les travaux. »

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune