Le chef de la PPO défend la conduite de ses policiers à Caledonia

Holly McKenzie-Sutter
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TORONTO — Le grand patron de la Police provinciale de l’Ontario défend la conduite de ses agents à Caledonia, site d’un conflit territorial autochtone qui a dégénéré la semaine dernière.

Thomas Carrique a écrit dimanche soir dans les médias sociaux que les manifestants avaient «accusé à tort» le corps policier d'avoir intensifié le conflit.

Les manifestants sur le site d'un projet de construction résidentielle ont soutenu que les policiers avaient blessé deux personnes à l'aide d'un pistolet à impulsion électrique et de balles en caoutchouc, la semaine dernière; la police allègue qu'une auto-patrouille a été endommagée.

Le commissaire Carrique a écrit dimanche soir sur Twitter qu'il était fier de la «réponse mesurée» des policiers face à la situation. Il a également partagé une vidéo qui semble avoir été tournée depuis un véhicule de la police: on y voit deux personnes frappant le pare-brise avec un bâton de crosse.

Les manifestants qui occupent le site affirment que la publication de M. Carrique constitue une tentative hors contexte de recadrer la violence et d’aggraver davantage la tension dans ce litige territorial.

Le site est occupé depuis juillet et les manifestants affirment que le développement immobilier envisagé près de la Réserve des Six Nations de Grand River se trouve sur des terres non cédées et viole la souveraineté de la nation Haudenosaunee. Les tensions ont éclaté la semaine dernière après qu'un juge a émis une injonction permanente ordonnant aux manifestants de quitter les lieux. Le groupe de manifestants indique que les blocus qui ont augmenté depuis jeudi soir, avec l'érection de barricades, visent à les protéger contre la présence policière accrue. On soutient aussi qu'immédiatement avant le tournage de la vidéo, la police avait été invitée à quitter les lieux.

«La police continue de menacer d'arrestation et c'est à nous de nous protéger de ces tactiques policières oppressives, a expliqué le porte-parole, Skyler Williams. La police n’a pas sa place dans le règlement de conflits territoriaux.»

Selon la Police provinciale, 33 personnes ont été arrêtées depuis le début de l'occupation et 100 accusations ont été portées. Le commissaire Carrique écrivait dimanche soir que les arrestations se poursuivraient, «alors que les policiers adoptent une approche d'application responsable et soutenue».

Holly McKenzie-Sutter, La Presse Canadienne