Le Collectif pour un Québec sans pauvreté interpelle Jean Boulet

·2 min read

PAUVERTÉ. Plus de 800 000 personnes n’arrivent pas à couvrir leurs besoins de base au Québec et la crise de la COVID-19 ne fait qu’exacerber leurs difficultés déplore le Collectif pour un Québec sans pauvreté. En compagnie du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) et du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), cet organisme demande au du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet de garantir à ces personnes, le plus rapidement possible, ce qui devrait être considéré comme un minimum au Québec : la couverture des besoins de base tels que définis par la Mesure du panier de consommation (MPC). «En partant, les engagements du gouvernement québécois envers les personnes les plus mal prises, les personnes assistées sociales, sont minimalistes. Donner moins que le minimum reconnu, c’est compromettre la santé et la dignité des gens. Dans ces circonstances, le refus du gouvernement d’utiliser la MPC révisée est proprement indécent car il représente un important manque à gagner pour des personnes à qui l’essentiel manque déjà. Pourquoi le gouvernement cautionne-t-il ainsi l’appauvrissement des gens ?», questionne Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté qui a, une nouvelle fois, dénoncé «le refus du gouvernement du Québec d’accorder la moindre aide financière aux personnes en situation de pauvreté depuis le début de la crise». «Tout ce qui est annoncé pour les personnes les plus mal prises, ce sont les maigres engagements du plan de lutte contre la pauvreté qui sont d‘amener les personnes à l’Aide sociale à 55,1 % et les personnes à la Solidarité sociale à 77,6 % de la MPC. Cela leur donnera à peine 10 $ d’augmentation par mois à compter du 1er janvier 2021», indique-t-on. De plus, les trois organisations ont dénoncé le refus du gouvernement de tenir compte de la révision de la MPC que Statistique Canada a dévoilée en février dernier puis officialisée au mois de septembre. Rappelons que, pour une personne vivant seule à Montréal, le seuil de la MPC vient de passer de 17 820 $ par an à 20 080 $ (pour 2018). Cela signifie, par exemple, que les personnes au programme d’Aide sociale couvrent dorénavant moins de 50 % de leurs besoins de base.

Finalement, les porte-parole ont demandé au gouvernement de s’engager à garantir aux personnes en situation de pauvreté, le plus rapidement possible, ce qui devrait être considéré comme un minimum: la couverture des besoins de base tels que définis par la MPC. «D’ailleurs, c’est la cible que vise le gouvernement pour les personnes avec des contraintes à l’emploi de longue durée qui seront admissibles au programme de Revenu de base en 2023. La MPC représente le minimum requis pour espérer vivre en santé et tout le monde devrait y avoir droit», conclut-on.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal