Le coronavirus ne ralentit pas l'économie en Mauricie

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Trois-Rivières – Les commerces se retrouvent depuis quelques jours déjà dans l'effervescence de la première Saint-Valentin pandémique, alors que le désormais célèbre virus frappait environ un mois après la fête de l'amour à pareille date l'an dernier. Bonne nouvelle toutefois : la clientèle est au rendez-vous, elle qui souhaite faire plaisir à ses proches plus que jamais.

Les fleuristes en ont déjà plein les bras depuis quelques jours, tout comme les chocolateries.

«Cette année, on le sent depuis un moment que ça va être bon que ça sera fort», lance Isabelle Côté, copropriétaire de Il était une rose.

Jeudi et vendredi, la demande était forte et la fleuriste s'attend à la même chose pour samedi, peut-être encore plus.

«La Saint-Valentin, c'est une fête de dernière minute. Les gens débarquent chez nous et repartent avec quelque chose aussi rapidement», souligne-t-elle. Sauf que cette année, le commerce a décidé de garder ses portes fermées pour son plus grand week-end de l'année en termes de revenus.

«À la grandeur du commerce, ça n'aurait pas fait de sens de servir deux personnes à la fois et de demander aux autres d'attendre dehors. On va donc miser sur la livraison et la cueillette. Sinon, les gens auraient été impatients et de toute façon, on ne veut pas les faire attendre infiniment», explique Mme Côté.

Chez Chocolaterie Samson, cet engouement se fait ressentir à plein régime depuis la période des Fêtes.

«On est chanceux parce qu'on a été qualifié de service essentiel et on a pu rester ouvert. Les choses vont très bien pour nous et la Saint-Valentin va être très bonne parce que les gens veulent se récompenser ou faire plaisir à leurs proches encore plus», estime la propriétaire, Nancy Samson.

«Les gens misent sur le réconfort depuis le début de la pandémie. Les chocolats pour la famille, les choses à partager, des cadeaux pour les voisins ou les enfants, ce sont des tendances que l'on observe beaucoup. Les gens regardent moins le budget», sourit-elle.

Parlant de budget, la situation n'est pas simple pour les chocolateries avec le prix des éléments nécessaires à la fabrication de la friandise qui a augmenté considérablement au cours des derniers mois.

«Le prix de tout a augmenté. Je m'attends à un plus grand volume de ventes, mais pas nécessairement à de plus grands profits, parce que je ne me verrais pas augmenter mes prix alors que les clients m'ont soutenu pendant tout ce temps», ajoute Mme Samson.

Au Kinipi spa et bains nordiques, endroit normalement prisé des couples qui souhaitent passer un moment de détente, les choses se déroulent «relativement bien» aux dires de Joannie Lefebvre, coordonnatrice marketing et soutien aux ressources humaines.

«Les bains ne sont pas ouverts, mais nos cuisines fonctionnent et on a créé des forfaits spéciaux. Il a fallu effectuer quelques changements à la massothérapie, mais ça va quand même bien. Les certificats-cadeaux se vendent bien», exprime Mme Lefebvre.

À l'Hôtel Oui Go!, on affiche presque complet.

«Nos forfaits de Saint-Valentin ont connu une belle popularité. Les week-ends sont toujours importants pour nous. Il y a beaucoup de gens de la région qui ont choisi de se gâter ou des gens de l'extérieur, mais pas trop loin de Trois-Rivières comme La Tuque, Joliette, par exemple», note Gilles Babin, copropriétaire de l'endroit.

«Depuis les annonces de déconfinement du gouvernement, on sent plus d'intérêt de la part des gens. On traverse bien la crise, mais c'est sûr que ça ne va pas comme avant», précise celui qui avoue que les difficultés à trouver de la main-d’œuvre sont contraignantes.

Et pour les couples qui ont (encore) envie de se rapprocher, sachez que les huiles à massage sont tendance cette année.

«C'est vraiment le plus gros vendeur. Les gens ont envie de moments», souligne Julie Allard, vendeuse à la boutique érotique Corps Atout.

«Ça se déroule super bien pour nous. Il y a pas mal de clients et les gens sont compréhensifs des mesures. Il y a plus de monde que l'an dernier à pareille date. Tant mieux, parce que ça nous permet de récupérer en partie les revenus qui ont été perdus dans les derniers mois», exprime-t-elle.

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local, Le Nouvelliste