Le défi de conserver une église et de générer des revenus

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* DOSSIER, TEXTE 3 DE 4

Face à une diminution des revenus et à l’urgence de réaliser des travaux pour sauver l’église de Saint-Prime, la fabrique de la petite municipalité jeannoise mise sur la relance de son projet de belvédère pour assurer l’avenir de l’édifice centenaire.

Le lieu de culte sera en péril si des travaux ne sont pas réalisés pour rénover le clocher touché par des infiltrations d’eau, expose Daniel Carrier, président de l’Assemblée de fabrique de Saint-Prime.

Les travaux qui se font de plus en plus urgents s’élèveront au minimum à 110 000 $, selon une estimation effectuée il y a plus d’un an. Un prix qui est appelé à augmenter, alors que l’eau a continué de faire des dégâts.

L’église construite au début du 20e siècle est reconnue pour sa valeur patrimoniale « exceptionnelle », deuxième cote la plus élevée attribuée par l’Inventaire des lieux de culte du Québec.

Comme nombre de fabriques à travers la province qui connaissent une baisse de revenus accentuée par la crise, l’organisation est à la recherche de solutions afin de sauvegarder son église.

« On veut d’abord et avant tout sauver l’église et amener des revenus récurrents qui vont permettre de faire les réparations qui sont à faire dans les prochaines années. On sait ce qui est à faire », explique M. Carrier.

Car la rénovation du clocher, qui demeure prioritaire, n’est pas le seul élément sur la liste. Le perron doit également faire l’objet de travaux urgents. Et il ne s’agit que de deux des éléments identifiés parmi les travaux à réaliser d’ici une dizaine d’années, selon une évaluation de l’édifice effectuée par des architectes en 2018.

Le clocher abrite également des antennes de télécommunication pour le secteur et la mise à jour de certains équipements est repoussée en attente des travaux.

Tirer des revenus d’un belvédère La fabrique souhaite alors relancer son projet de belvédère autour du clocher élaboré il y a un peu plus d’un an afin de faire d’une pierre deux coups.

Le projet permettrait de rénover le clocher et de générer ensuite des revenus pour la fabrique grâce à un accès payant pour admirer la vue sur le lac Saint-Jean. La fabrique miserait également sur les activités liées au tourisme religieux.

« Il faut trouver quelque chose qui peut amener des revenus et des projets. Il ne peut pas y en avoir 50 qui amènent des revenus intéressants et récurrents. Ce n’est pas juste qu’on veut se lancer dans le tourisme », fait valoir le président de la fabrique.

Un comité pour réévaluer le projet Le projet de belvédère, tout d’abord estimé à 1,2 M$, a suscité la réticence de certains citoyens demeurant à proximité de l’église qui craignaient pour leur intimité. Au début de l’année, le projet avait été mis sur la glace jusqu’à l’été, un report qui s’est prolongé en raison de la pandémie.

La fabrique travaillait à la fin du mois de novembre à la formation d’un comité de travail sur la relance du projet, composé d’au moins cinq personnes de la communauté. Une première réunion était espérée avant les Fêtes.

« Les membres vont se pencher sur le projet initial qui va certainement être modifié pour aller chercher un consensus », explique Daniel Carrier. Les plans du belvédère pourraient par exemple être modifiés pour cacher la vue des cours avoisinantes.

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M. Carrier espère que le projet pourra se concrétiser d’ici l’automne prochain. Les paroissiens avaient déjà autorisé la mise en vente du presbytère de Saint-Prime pour financer une partie des travaux.

La municipalité avait montré de l’intérêt à acheter le bâtiment pour y aménager la bibliothèque municipale. D’autres partenaires seront également approchés pour soutenir le projet.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien