Le LAB Nourrir notre monde de Haute Gaspésie présente ses premiers résultats

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Ce jeudi, les résultats d’une consultation sur l’autonomie alimentaire menée auprès des citoyens de la Haute-Gaspésie ont été dévoilés par le LAB Nourrir notre monde. Ils donnent une bonne idée des volontés de la population, et des infrastructures concrètes qui pourraient voir le jour dans cette MRC.

Le LAB Nourrir notre monde est un projet d’innovation sociale et de revalorisation des savoirs d’antan qui vise à mettre en place des infrastructures bioalimentaires collectives en Haute-Gaspésie. Celles-ci permettront de produire, transformer et conserver des aliments locaux, et in fine d’améliorer la résilience de la population face aux changements climatiques.

Pas moins de 275 personnes ont répondu à la consultation, qui a débuté en novembre : 113 l’ont fait en ligne, et 162 par le biais de cartes postales imprimées à cet effet et distribuées dans les commerces d’alimentation locaux. Agente de mobilisation pour le LAB Nourrir notre monde, Mireille Jalbert y voit la preuve d’« un engouement, un besoin et un désir de se mobiliser pour les projets du LAB ». Un participant sur deux s’est d’ailleurs dit intéressé à s’impliquer dans la suite du processus.

Sur les cartes postales et le formulaire en ligne, plusieurs suggestions d’infrastructures collectives étaient données. Six d’entre elles ont été plébiscitées par la population, recevant plus de 90 votes chacune : pépinière, biodigesteur pour faire du compostage, poulailler communautaire, caveau pour conserver les légumes, serre solaire passive et fumoir à poisson.

Les participants à la consultation y sont également allés de leurs idées personnelles, allant du rucher communautaire jusqu’à la cuisine collective de transformation et la bibliothèque de semences, en passant par des idées très originales comme l’achat de chaloupes collectives afin de pouvoir partir à la pêche au large.

Une entrée dans le vif du sujet dès mars

Au courant du mois de mars, l’équipe du LAB Nourrir notre monde va effectuer une tournée virtuelle des différentes localités de la Haute-Gaspésie. Dans chacune d’entre elles, la population sera informée des résultats de la consultation au niveau local.

C’est à partir de ce moment-là que les choses sérieuses commenceront : les projets seront choisis puis mis en place en collaboration avec les citoyens. Ces derniers pourront s’impliquer à deux niveaux : soit dans les comités citoyens qui piloteront les projets de A à Z, soit plus ponctuellement lors de corvées.

Selon la co-coordonnatrice du LAB Marie-Ève Paquette, « le comité citoyen qu’on va mettre en place après nos rencontres locales va être central pour aller fouiller : est-ce qu’on a un terrain ciblé pour le projet qu’on aimerait voir naître dans notre municipalité? Combien ça pourrait coûter? Est-ce qu’il y a des gens qui ont des connaissances sur notre territoire pour nous aider à construire cette infrastructure? Tranquillement, il y a des projets qui vont nous sembler de plus en plus viables. » Il faudra également s’assurer que toutes les règlementations municipales sont respectées.

Le budget sera ensuite distribué entre les différents projets selon les besoins, donc pas nécessairement en parts égales partout sur le territoire. D’après Mme Paquette, des infrastructures pourraient être construites dès cet été.

Lancé en octobre, le LAB bénéficie d’un budget de 800 000 $ pour trois ans, financé majoritairement par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, dans le cadre du programme Climat municipalités-Phase 2.

Rémy Bourdillon, Initiative de journalisme local, Le Mouton Noir