Le Parlement canadien reprend ses activités; la vaccination à l'ordre du jour

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OTTAWA — Justin Trudeau a dû justifier encore et encore le retard dans la livraison de vaccins contre la COVID-19 alors que l'opposition lui réclamait des comptes aux Communes, lundi.

Face aux nombreuses attaques, le premier ministre a maintenu que trois millions de Canadiens seraient vaccinés avant la fin du mois de mars et que tous les Canadiens qui le veulent auront obtenu le vaccin d'ici septembre.

Le chef conservateur, lui, se concentrait sur le nombre de doses de vaccins que la compagnie Pfizer doit livrer cette semaine au Canada.

«Cette semaine, zéro vaccin!», a lancé Erin O'Toole lorsqu'il s'est levé en Chambre.

L'accusant de chercher à «gagner des points politiques», le premier ministre lui a répondu qu'il ne fallait pas «faire peur aux Canadiens».

«Nous allons continuer de recevoir des doses de la compagnie Moderna. Effectivement, il y a une interruption temporaire des livraisons de Pfizer», a-t-il rappelé.

La compagnie pharmaceutique a ralenti la distribution de son produit pendant qu'elle modifie son usine belge afin d'augmenter sa capacité de production.

Elle continue d'assurer que toutes les doses promises d'ici la fin mars seront livrées au Canada, bien que plus lentement.

Le chef bloquiste, lui, s'est inquiété des motivations de la compagnie.

Yves-François Blanchet a souligné que Pfizer a demandé au comité parlementaire des Finances «des améliorations au régime de taxation des entreprises».

«Est-ce que le premier ministre ne s'inquiète pas qu'au moment même où il y a des retards et des annulations de livraison par Pfizer, cette même entreprise demande des avantages aux finances canadiennes?» a avancé M. Blanchet.

«Malheureusement, on voit que, encore une fois, le chef du Bloc québécois frôle la théorie du complot», a laissé tomber M. Trudeau en guise de réplique.

Nouvelles restrictions aux voyageurs

Ni M. Trudeau ni ses ministres n'ont offert de détails sur les nouvelles mesures attendues pour décourager les voyages à l'étranger.

En point de presse, lundi matin, invité à partager ses réflexions sur l'imposition de nouvelles restrictions, M. O'Toole s'est contenté de dire qu'il est prêt à discuter avec le gouvernement libéral de ses intentions.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, lui, a été plus direct, appuyant à la fois une interdiction de voyage et l'imposition d'une quarantaine à l'hôtel payée par le voyageur.

«La mesure de quarantaine a été utilisée dans d'autres pays et ça a fonctionné», a fait remarquer Jagmeet Singh lorsqu'il a rencontré la presse à son tour.

En ce moment, toute personne arrivant en territoire canadien doit s'isoler pendant 14 jours. Un viol de cette quarantaine est puni par des amendes. Cependant, la surveillance des voyageurs à leur retour laisse à désirer, selon plusieurs.

Ainsi, le premier ministre François Legault a réclamé une interdiction des voyages à l'étranger, s'inquiétant de l'approche du congé scolaire. Puis, il a dit qu'il se contenterait d'une plus grande surveillance de la quarantaine.

Retour virtuel

Les partis fédéraux se sont enfin entendus pour assurer de nouveau une présence virtuelle à la Chambre des communes.

D'un consentement unanime, ils ont convenu de continuer à siéger, au choix, de façon virtuelle ou en personne.

L'application de vote électronique, pour sa part, devra attendre; l'administration de la Chambre devra tenir deux simulations et recevoir l'aval de tous les partis avant d'enregistrer les votes de façon électronique pour les députés qui participent aux débats à distance.

En attendant, les votes par appel nominal auront lieu en personne ou par vidéoconférence, un exercice plutôt lent.

Lina Dib et Catherine Lévesque, La Presse Canadienne