Le Plan d’action nordique 2020-2023 bien reçu en Minganie

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Le préfet de la municipalité régionale de comté (MRC) de Minganie, Luc Noël, se dit satisfait du Plan d’action nordique (PAN) 2020-2023 présenté par le gouvernement Legault le 7 décembre.

Si, parmi les 49 actions à réaliser du PAN, aucune ne touche directement la Minganie, Luc Noël s’attend à ce que la MRC profite du prolongement de la route 138 en Basse-Côte-Nord. « Chaque fois que la route se prolonge vers Blanc-Sablon, on en retire quelque chose », soutient-il. « Chaque fois que des travaux se font dans une communauté de la Basse-Côte-Nord et que ça brise leur isolement, la Minganie en retire des bénéfices. »

M. Noël croit que le raccordement de la Basse-Côte-Nord au reste de la province par un lien routier contribuera à ce que la Minganie devienne « une plaque tournante » du développement économique du territoire à l’est de la MRC de Sept-Rivières en plus d’avoir un impact positif sur le tourisme.

Le Plan d’action nordique 2020-2023 est divisé en quatre orientations : accès au territoire, développement économique, création de milieux de vie attractifs et protection de l’environnement. Les 49 actions qui en découlent visent d’abord et avant tout à améliorer la qualité de vies des communautés nordiques. « Le plan prend un tournant pour les citoyens du Nord, pour et par le Nord », estime Luc Noël. Le préfet de Minganie salue d’ailleurs l’écoute du gouvernement dans l’élaboration du plan.

La réfection de la route 389, le rehaussement des télécommunications et la valorisation du potentiel minéral en Basse-Côte-Nord, l’accès multiusager à la fosse du Labrador et le développement des infrastructures de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire sont aussi inclus dans le plan gouvernemental doté d’une enveloppe de 1,4 milliard de dollars. De ce montant, 778 millions de dollars seront investis par Québec et le reste proviendra du fédéral et d’entreprises privées.

Le montant qui sera injecté dans le PAN est bien en-dessous des sommes que prévoyaient investir des gouvernements Charest et Couillard dans leurs moutures du Plan Nord de 2011 et 2014, respectivement 80 milliards de dollars sur 25 ans et 50 milliards de dollars sur 20 ans. M. Noël considère qu’une enveloppe plus petite rend les visées du plan plus réalistes.

« J’aime mieux qu’on annonce des montants de plus petite envergure et qu’on les investisse plutôt qu’on lance des montants qui servent juste à faire rêver le monde et qui nous maintiennent dans notre pauvreté », tranche-t-il. « Le PAN a peut-être moins d’envergure au niveau des annonces “publicitaires” qui ont été faites, mais le milliard et quelque, s’il est investi dans les 49 actions demandées, il va y avoir un effet positif sur tous ceux qui habitent le territoire. »

Des mesures ont également été prévues pour les Premières Nations et les Inuit, dont le développement du volet autochtone dans les bibliothèques publiques et la création d’une maternelle 4 ans adaptée aux réalité des communautés autochtones.

Malgré qu’elle soit située au nord du 49e parallèle, l’île d’Anticosti est exclue des territoires couverts par le PAN, ce que ne s’explique pas M. Noël. Il voit tout de même peu de lacunes dans le plan gouvernemental. « On voudrait bien avoir un paquet d’autres choses, par exemple un traversier Côte-Sud/Côte-Nord tout de suite, mais comme on dit, on fera boire le cheval quand il arrivera à la rivière. »

Le Plan d’action nordique 2020-2023 a fait l’objet d’une annonce conjointe du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable de la région de la Côte-Nord, Jonatan Julien, et du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière. Le PAN s’applique à l’ensemble de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec ainsi qu’au nord du Saguenay–Lac-St-Jean, ce qui représente environ 130 000 personnes. C’est la Société du Plan Nord qui coordonnera la mise en œuvre du plan gouvernemental triennal.

Laurence Dami-Houle, Initiative de journalisme local, Le Portageur