Le rapport sur le F.-A.-Gauthier est « accablant et gênant », d’après le Parti québécois

Claudie Arseneault, Initiative de journalisme local
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Le député de Matane-Matapédia et chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, aux côtés de ses collègues péquistes, s’est dit consterné des conclusions accablantes du rapport de la vérificatrice générale du Québec concernant la gestion et la conception du NM F.-A.-Gauthier en conférence de presse jeudi matin.

« [La saga des traversiers] a franchi une autre étape aujourd’hui avec le dépôt du rapport de la vérificatrice générale. La grande conclusion qu’on peut tirer aujourd’hui, c’est que la commande, la construction et la gestion de ce projet par la Société des traversiers du Québec ont été fait comme des “ti-counes” », a lancé Joël Arseneau, porte-parole du groupe d’opposition en ce qui a trait aux transports.

« C’est un véritable gâchis », a quant à lui déploré Pascal Bérubé. « La vérificatrice générale a confirmé que la Société des traversiers du Québec a commis une suite d’erreurs majeures dans pratiquement toutes les étapes du processus. En fait, elle ne possédait pas les compétences pour mener à bien un projet d’une telle envergure et, pire, elle n’a même pas cherché à pallier ses lacunes. »

En effet, le rapport de la vérificatrice générale énonce que le manque de ressources et d’expertise à la STQ, en plus d’une absence de surveillance adéquate pendant la construction du navire, sont les raisons à la source des 54 défauts jugés impossibles à corriger du F.-A. Gauthier et des vices de construction trouvés dans l’ensemble des composantes du bateau.

« On sait que les gestionnaires n’ont pas fait leur travail. Ils étaient incompétents et ils ne se sont pas donné les ressources pour le faire adéquatement. Les administrateurs auraient dû être là pour vérifier. On a dû faire entièrement confiance au chantier Fincantieri pour livrer un produit de qualité, et ça donne ce que ça donne, c’est-à-dire un bateau qui n’en fini plus d’être remorqué ou rapatrié », a ajouté M. Arseneau.

Martin Ouellet, député de René-Lévesque, sur la Côte-Nord a pointé à quel point il était préoccupant de savoir que la STQ ne maîtrise pas l’entièreté des compétences requises à son champ d’activité. « Peut-être qu’on n’en serait pas là si le processus pour la sélection du constructeur avait été, au moins, conforme aux pratiques de l’industrie navale, ou encore si la STQ avait été en mesure de bien négocier le contrat de construction. Or, ces deux éléments ont fait défaut, eux aussi. »

Le Parti québécois demande désormais au gouvernement du Québec de déposer un plan pour l’optimisation des services de toutes les traverses au long du Saint-Laurent, dans l’idée de répondre adéquatement aux enjeux de transport interrives. Les députés notent également que la STQ doit devenir imputable de ses décisions. « C’est une question de respect pour les populations concernées, ainsi que pour l’ensemble des contribuables québécois », a conclu Pascal Bérubé.

À cela, le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, a réagi en avançant que l’ancien gouvernement du Parti libéral surtout, mais aussi l’ancien gouvernement du Parti Québécois, ont des comptes à rendre. Le ministre Bonnardel est satisfait du rapport et s’est dit choqué de la mauvaise gestion de la STQ. Il a d’ailleurs rappelé les changements de direction et les mesures en place pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

Claudie Arseneault, Initiative de journalisme local, Mon Matane