Le Terroir solidaire prend de l’expansion

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Forte du succès de la première phase de son déploiement, la Coopérative Le Terroir solidaire étend ses services de livraison à domicile.

Cette coopérative de producteurs agricoles et de transformateurs alimentaires de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska, va maintenant offrir ses services aux citoyens et commerces de Montréal, de la Rive-Sud, de Granby et Shefford.

« L’achat local est plus important que jamais », explique le Terroir solidaire. Après des débuts timides l’an dernier, la Coopérative effectue maintenant près d’une trentaine de livraisons par semaine. « Pour les petits producteurs, l’option la plus commune était celle des marchés publics. Ça leur demandait beaucoup de temps. Il fallait trouver une meilleure façon de mettre nos produits en marché. Quand la crise a commencé, tous nos membres recevaient des appels de gens qui voulaient éviter d’aller à l’épicerie » relate Kristen Gingera, membre fondatrice de la coopérative et propriétaire de la Ferme Cheeky Creek.

Aujourd’hui, viandes de pâturage, produits asiatiques, fromages, pousses, légumes et produits prêts-à-manger, sont maintenant accessibles en quelques clics. Il n’y a pas de contradiction entre valeurs écologiques, emballage et livraison par camion, estime Kristen Gingera. Seuls les produits commandés sur la plateforme de vente en ligne de la Coopérative sont récoltés chaque semaine. Ceci permet de laisser plus longtemps en terre les autres légumes et d’éviter que les invendus ne prennent le chemin du compostage. « Nos livraisons se font dans des boîtes isothermes qui sont presque 100 %recyclables. On les récupère chaque semaine pour être capable de les réutiliser. Les commandes sont regroupées dans un même camion » au lieu d’en avoir 27 sur la route.

Solidaire d’autres régions

Chloé Ostiguy est chef propriétaire depuis cinq ans du restaurant l’Archipel à Cowansville. Elle est depuis près d’un an membre du Terroir solidaire. Son restaurant « propose à 90 % des produits du terroir de Brome-Missisquoi. Des huiles, de la farine, des légumes, des épices… » La pandémie lui a permis de se concentrer sur le développement de la Coop. « On est capables de s’impliquer encore plus. L’aspect transformation alimentaire, cuisine industrielle, gestion des pertes, c’est ça que j’apporte au sein de la coopérative » estime Mme Ostiguy.

Le Terroir solidaire songe à ouvrir son membership à d’autres régions. « On a eu des demandes de la Haute-Yamaska et de Saint-Jean-sur-Richelieu. On est très ouverts » à intégrer des producteurs qui partagent les valeurs du Terroir solidaire. Il faut d’abord consolider les acquis et attirer un plus grand nombre de producteurs de Brome-Missisquoi, explique Chloé Ostiguy. Une seule entreprise de Granby était pour l’heure membre de la coopérative. Il s’agit de Fraîcheur urbaine qui produit des légumes en serres. « On est capable d’avoir des tomates et des verdures à longueur d’année grâce à eux ». Son propriétaire Gilles Pelletier annonce cependant qu’il va quitter la coopérative. « Ce n’est pas à cause de la Coop. Avec la pandémie, ma production est toute vendue, je n’ai plus de disponibilité pour la coopérative » souligne M. Pelletier.

Le Terroir solidaire a de grands projets, dont celui de construire un atelier de transformation. Il comprendrait une boucherie, une cuisine de transformation, des espaces d’entreposage et une petite boutique. « Ça fait trois ans qu’on travaille dessus. On va lancer la recherche de financement l’année prochaine » affirme Kristen Gingera. L’Atelier pourrait voir le jour dès 2022.

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal