L'entraîneur-chef Joël Bouchard du Rocket de Laval travaille d'arrache-pied

Frédéric Daigle
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MONTRÉAL — Même si le Rocket de Laval n'entrera en action que le 5 février au plus tôt, Joël Bouchard ne chôme pas. Et peu importe la durée de la saison dans la Ligue américaine de hockey, il en tirera le maximum.

«Je m'attends à ce que le calendrier soit ajusté avec la réalité du moment, a-t-il expliqué au cours d'une visioconférence avec les médias montréalais. Tout le monde a un beau tableau devant soi, que ce soit la Ligue nationale, toute autre entreprise ou même une famille, qui dit voici notre objectif, voici ce qu'on voudrait faire comme trajet dans les six à huit prochains mois. Mais le sait-on vraiment ce que nous pourrons faire?

«Je reste positif que la LNH et la Ligue américaine sauront arriver avec un plan qui sera intéressant pour les partisans et les joueurs. Nous sommes vraiment une ligue de développement, alors dans mes discussions avec Alex Burroughs, Marco Marciano, Daniel Jacob et les autres intervenants, c'est de nous dire que plus que jamais, nous allons devoir développer ces joueurs-là qui auront manqué beaucoup de hockey. J'ai déjà trouvé des façons pour que nos joueurs tentent de reprendre ce temps perdu.»

En attendant, l'entraîneur-chef du club-école du Canadien de Montréal travaille d'arrache-pied.

«Je suis prêt à recommencer demain! On fait du hockey, c'est plutôt simple. Nous avons fait beaucoup de travail ces derniers mois. D'avoir une date, ça permet d'établir un certain plan. Mais même si nous n'avions pas de date, ça ne changerait rien à mon travail, qui est d'être prêt quand nous aurons le signal de reprendre.»

Le Rocket évolue dans la section Nord, où se trouvent deux autres formations canadiennes, les Senators de Belleville et les Marlies de Toronto. Bouchard ne verrait pas objection à affronter ces deux clubs plus souvent si les protocoles sanitaires l'imposent.

«Je m'attends à ce qu'il y ait certaines limitations dans les déplacements, a-t-il admis. Notre vie à tous est différente en ce moment. Si on me disait qu'on devrait jouer contre ces deux clubs plus souvent, je ne vois rien de négatif là-dedans. Pour autant qu'on soit capable de mettre nos joueurs sur une patinoire.

«Dans la Ligue américaine, chaque entraînement, chaque rencontre est une opportunité de développer les joueurs. C'est très payant à mes yeux. Même si on me disait qu'on ne jouerait que contre Belleville: donne-moi une glace, des joueurs et un adversaire, c'est mon travail de les développer. (...) Mon mandat, je le comprends, je l'aime, il me passionne. Même si j'affrontais la même équipe pendant 42 matchs, on trouverait une façon de donner du millage à nos joueurs.»

En attendant, une grande partie de son travail consiste en s'assurer que ses protégés demeurent motivés.

«Mon message est toujours le même: qu'est-ce que tu fais? Parce qu'en ce moment, quelqu'un d'autre fait des 'push-ups' et veut t'enlever ton job. Que vas-tu faire pour devenir un joueur transformé, pour utiliser ce temps pour devenir meilleur? Souvent on trouve que ça va trop vite et que nous n'avons pas le temps. (...) Chaque fois que j'ai vécu un lock-out ou vu des joueurs être tenu à l'écart par des blessures, ceux qui étaient professionnels, qui avaient le couteau entre les dents, qui étaient passionnés et qui donnaient l'effort supplémentaire sont toujours revenus plus fort. Les autres, ça leur a coûté des années de carrière.»

En plus de s'assurer que ses joueurs vont bien physiquement, Bouchard prend le temps de s'assurer de la santé mentale de ceux-ci pendant la pandémie.

«Je regarde souvent ma formation sur mon ordinateur. Pas pour me rappeler qui on a: je le sais. Mais pour me rappeler qui appeler, à qui envoyer un message texte. Ils sont éparpillés en Amérique du Nord et en Europe et tous vivent la situation différemment. Ce que je sens, c'est qu'ils ont hâte de reprendre leur routine. (...) Ils réalisent tous que personne n'était prêt à vivre une situation comme celle-là.»

Frédéric Daigle, La Presse Canadienne