Les arbres de quartier : des voisins à découvrir

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Ahuntsic-Cartierville - La Ville de Montréal lance une campagne de sensibilisation pour inciter les gens à s’intéresser à la richesse arboricole parfois négligée de nos quartiers.

À l’échelle de Montréal, c’est près de 2000 arbres qui ont été ciblés à l’occasion de cette campagne, en cours de déploiement depuis l’été dernier. Des affichettes bleues ont ainsi été apposées sur quelque 300 arbres matures et 1600 jeunes arbres.

Partir à la rencontre des arbres du quartier

La Ville espère que sa campagne va inciter les gens à explorer leurs quartiers pour découvrir comment les arbres, qui se rappellent à nous quelques fois par année, notamment à l’occasion de la corvée annuelle du ramassage des feuilles mortes, contribuent à améliorer notre vie de tous les jours.

En plus d’identifier l’essence d’arbre et de fournir de l’information sur son diamètre, son âge et sa taille, chaque fiche propose également des informations sur les bénéfices écologiques et économique de l’arbre : captation de CO2 et absorption d’autres polluants atmosphériques, captation des eaux de ruissellement, réduction de la vitesse des grands vents, etc.

Une campagne de séduction?

L’objectif affiché de cette campagne est de « valoriser l’arbre en ville », indique le porte-parole administratif de la Ville. Mais la démarche s’inscrit également dans la foulée du plan canopée qui prévoit accroitre de 5% le couvert végétal à Montréal d’ici 2025, ce qui implique de planter plus de 20 000 arbres par année.

C’est particulièrement vrai dans Ahuntsic-Cartierville qui est l’un des arrondissements avec l’indice de canopée le plus élevé à Montréal.

Selon l’inventaire des arbres publics de la Ville de Montréal, sur les quelque 70 000 arbres que compte l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville (excluant les parcs-nature), environ 11 000 sont situés dans des parcs. C’est donc dire que près de 80 % des arbres de l’arrondissement sont des arbres de rue.

À l’échelle de Montréal, c’est l’inverse : environ 20% des quelque 1,2 millions d’arbres que compte la Ville de Montréal sur son territoire sont des arbres de rue qui sont situés soit dans des fosses sur le trottoir, soit sur une petite bande de terrain appartenant à la Ville en bordure des terrains privés.

La plantation d’un arbre public devant un bâtiment privé est généralement « très bien accueillie », assure Philippe Sabourin qui note toutefois que, dans certains cas, « les gens ont des réticences », liées par exemple à l’impact sur l’ensoleillement ou à la responsabilité de collecter les feuilles mortes.

Collecte des feuilles : une entreprise titanesque

Mais si le fardeau de ramasser les feuilles peut sembler lourd à porter pour les particuliers, il faut savoir que c’est la Ville qui fait le plus gros du travail.

Au total, c’est 27 000 tonnes métriques – soit la moitié de la masse du Titanic! – qui seront récupérées par la Ville, soit respectivement 17 000 tonnes provenant de collecte des résidus verts et 10 000 tonnes du balayage de rue. La majeure partie de ces dizaines de milliers de tonnes de résidus seront traitées au complexe-environnemental Saint-Michel pour produire du compost.

Pas dans la rue!

Les collectes de résidus verts se poursuivent jusqu’au 26 novembre dans Ahuntsic-Cartierville. Les citoyens sont priés d’utiliser des sacs en papier plutôt que des sacs en plastique pour faciliter le compostage des feuilles. Les branches de plus d’un mètre de long ou de plus de cinq centimètres de diamètre ne peuvent pas être envoyées à la collecte des résidus verts et doivent plutôt être envoyées à l’Écocentre.

Les résidants qui disposent d’une tondeuse à gazon sont par ailleurs encouragés à pratiquer le « feuilicyclage», c’est-à-dire à déchiqueter les feuilles à la tondeuse directement et à les disposer sur leur pelouse pour enrichir le sol.

Le dépôt de feuilles en bordure de rue n’est pas souhaitable.

Simon Van Vliet, Initiative de journalisme local, Journal des voisins