Les camps de jours dans l’incertitude

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Est-ce que les camps seront ouverts pour la semaine de relâche? C’est ce que se demandent plusieurs organisations, dont l’Association des camps du Québec (ACQ).

« On n’a pas beaucoup d’informations, convient la coordonnatrice aux communications de l’ACQ, Valérie Desrosiers. On est en contact avec la direction de la santé publique pour certaines choses, mais on ne décide pas de leur ordre du jour et on respecte ça. »

Les dernières instructions officielles que l’organisation a reçues datent du temps des fêtes. « On nous a annoncé que les camps de jours étaient interdits en zone rouge. On ne nous a pas écrit ce qui en était pour la semaine de relâche. À ce moment, la pandémie prenait des proportions extraordinaires », rappelle Mme Desrosiers.

« L’été dernier, parmi les quatre mesures que les camps devaient mettre de l’avant, il y avait d’être dehors, poursuit-elle. Mais là on ne peut pas avoir cette consigne en plein hiver. »

Dans un sondage effectué auprès de ses membres qui ne sont pas des organismes municipaux, l’ACQ dit avoir plusieurs camps qui préfèrent se concentrer sur l’été. « C’est difficile pour eux de prévoir et d’embaucher. Et durant la semaine de relâche, c’est parfois difficile de trouver du personnel », confie-t-elle, ajoutant que les camps mélangeraient des élèves d’écoles différentes, ce qui ferait éclater des bulles-classes.

Les organisations sondées disent avoir entre le 22 janvier et le 12 février pour avoir une réponse du gouvernement. « Ce sont des gens qui ont de l’expérience ou de petits camps qui sont déjà organisés qui sont capables de se rendre jusque-là », pense Mme Desrosiers.

Pour l’instant, l’ACQ n’a pas été mandatée pour obtenir une compensation financière du gouvernement. « Pour une grande partie de nos membres certifiés, les camps de la relâche sont davantage un service aux familles et aux citoyens et un moyen de garder un contact avec leurs clientèles qu’une opération commerciale », confirme Mme Desrosiers, qui pense que des camps pourraient offrir une opération minimale pour les employés de la santé, à titre d’exemple, « si les modalités étaient connues et les autorisations officielles sont données ».

« Mais plus le temps passe, plus le nombre de camps prêts à offrir un camp à la relâche diminuera », prévient-elle.

À Ascot Corner, le camp de jour ne sera pas annulé tant que le gouvernement ne l’interdira pas. « On se prépare à ouvrir un camp de jour à la semaine de relâche, assure la mairesse de la municipalité, Nathalie Bresse. Pour l’instant, on fait comme si elle avait lieu. »

À Sherbrooke, la Ville n’est pas prête à dire si elle tiendra ou pas des camps de jour.

Pas de camp de jour à Danville

Il n’y aura pas d’OTJ à Danville durant la semaine de relâche. Contrairement à plusieurs autres municipalités, les élus ont décidé de ne pas offrir ce service à cause de la pandémie et des travaux qui sont effectués dans la bibliothèque.

En entrevue avec La Tribune, le maire de Danville, Michel Plourde, explique que la COVID-19 n’est pas la seule raison de l’annulation du service de camp de jour. « Il y a la disponibilité des emplois. Des jeunes qui ont un travail n’ont pas la garantie à long terme. Par exemple, un jeune aurait pu prendre un arrangement avec son employeur pour venir travailler au camp de jour. Mais en ne sachant pas s’il y en aura ou non, il va préférer ne pas prendre ces arrangements. Devant ces incertitudes, il y a des enjeux de main-d’œuvre », indique-t-il.

D’ailleurs, des travaux ont actuellement lieu à la bibliothèque de la municipalité – qui est habituellement utilisée par le camp de jour. « C’est un local de moins pour respecter la distanciation sociale, cogite le maire. On a des pieds carrés de moins. La logistique était compliquée. On était aussi bien d’annoncer nos couleurs tout de suite pour que les parents planifient en conséquence à la place d’espérer qu’il y ait quelque chose à Danville. »

« Je sais que c’est plate, je sais que c’est décevant, a mentionné la conseillère municipale Nathalie Boissé en conseil municipal, lundi soir, lorsqu’elle a annoncé la décision. Mais si on veut s’assurer d’un bon service, il faut avoir tous les effectifs nécessaires et cette année, c’est beaucoup plus compliqué. Les parents pourront donc se préparer à l’avance pour cette semaine de relâche. »

Simon Roberge, Initiative de journalisme local, La Tribune