Les droits des femmes fragilisés par la pandémie

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Trois-Rivières – À l'aube de la Journée internationale des droits des femmes, les combats demeurent légion afin de faire en sorte que «l'égalité concrète» soit atteinte, selon la directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie. Joanne Blais estime que l'autonomie économique de celles-ci, comme l'accès égalitaire à l'emploi ou le travail à temps partiel figurent encore et toujours sur la pile de travail à accomplir.

Sans parler de l'impact de la pandémie sur les femmes.

Déjà fortement touchées avant que la COVID-19 ne surgissent dans leurs vies, les femmes doivent, depuis plus d'un an, composer avec ce nouvel ennemi.

«Certaines femmes n'ont pu retourner sur le marché du travail et sont plus dépendantes de leur conjoint parce qu'elles ont perdu leur emploi», souligne Joanne Blais.

La situation est encore plus préoccupante lorsqu'il s'agit de femmes issues de l'immigration.

«Ces femmes vivaient déjà d'autres questions par rapport à leurs origines. C'est la même chose pour celles qui sont réfugiées ou monoparentales.»

Cette insécurité, elle ne se fait pas seulement ressentir sur le plan économique, mais aussi sur le plan physique.

«Il y a encore beaucoup de travail à faire pour vivre dans un monde sans violence faites aux femmes, pour qu'elles n'aient pas peur de marcher dans la rue, de prendre le transport en commun, qu'elles n'aient pas à vivre de violence conjugale ou de comportements inappropriés au travail. Bref, pour qu'elles puissent vivre dans un monde qui est plus paisible», insiste-t-elle.

Pour Mme Blais, chaque 8 mars est une occasion de rappeler les gestes qui restent à poser pour les droits des femmes.

«Il y a l'autonomie économique, les femmes gagnent encore moins que les hommes; l'accès égalitaire à l'emploi, certaines femmes sont discriminées en raison de leur sexe; le travail, elles sont souvent à temps partiel; elles se retrouvent souvent dans des conditions difficiles parce qu'elles travaillent dans le domaine des soins ou des services», énumère la directrice.

Ces «soins ou services» peuvent comprendre les hôtels par exemple, la restauration etc.

«On n'a pas encore atteint l'égalité concrète, dans les faits», rappelle-t-elle.

Joanne Blais souligne également que la situation délicate dans laquelle se retrouvent les soins de santé et de services sociaux avait été rapportée plusieurs années en avance par des groupes de femmes, sans pourtant être prise en considération.

«Ça fait des années qu'elles dénoncent la situation», observe-t-elle, soulignant au passage que la thématique de l'édition 2021 de la Journée internationale des droits des femmes est «Écoutons les femmes».

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local, Le Nouvelliste