Les enjeux de la rentrée pour les syndicats des enseignants du primaire

·4 min read

Depuis la rentrée pour les écoles primaires, c’est une majorité d’enfants et de parents qui se sont montrés soulagés de la tournure des événements.

Des petits bouts de chou masqués se rendent dans les rangs d’école à la hâte, envoyant la main à des parents qui reprennent le télétravail dans la quiétude qui leur a manqué. Ils sont confiés à des professeurs du primaire qui se disent, pour certains, enthousiastes et prêts à transmettre leurs « savoirs essentiels ». C’est le cas de Nathalie Déry, de l’école De Bourgogne à Chambly. « Je suis très heureuse de retrouver mes petits loups! Tout se passe très bien et je croise les doigts pour que l’on reste ouverts jusqu’à la fin de l’année! »

Le maintien de la semaine de relâche

Récemment, le ministre de l’Éducation et député de Chambly, Jean-François Roberge, a confirmé au journal que le calendrier scolaire serait maintenu tel quel et que, par conséquent, la semaine de relâche également.

Malgré la fermeture temporaire de plusieurs classes pendant l’automne, ce sont 98 % des classes qui étaient restées ouvertes de manière régulière. Mais au printemps, les écoles ont été fermées sur une période de deux mois et demi, forçant un recul scolaire important. Afin de permettre aux enseignants de concentrer leurs efforts sur le rattrapage de la matière manquée et de faire baisser la pression, on a retiré les examens ministériels de fin d’année pour miser sur le savoir dit « essentiel », que l’équipe du Ministère sera chargée d’identifier. Le maintien de la semaine de relâche viserait ainsi à assurer un congé salutaire aux travailleurs de l’éducation, aux élèves et à leurs familles.

Pour les syndicats des enseignants, jusqu’ici tout va bien, la semaine de relâche est un congé nécessaire. Au sujet de la ventilation, par contre, ils ne se montrent pas rassurés.

La qualité de l’air, sujet sensible

Rappelons que l’enjeu déterminant, qui est présentement débattu quant à la rentrée scolaire, est la qualité de l’air dans les écoles du Québec. En entretien avec le journal, le président du Syndicat de Champlain, Éric Gingras, s’est dit « perplexe », émettant des doutes quant aux déclarations du Ministère à ce sujet. « On a pété la balloune avec la ventilation. Depuis septembre, nous faisons valoir que l’aération est essentielle mais difficile dans les écoles. La majorité d’entre elles sont remplies à pleine capacité. Ce que l’on nous propose de faire n’est pas adapté à la réalité. Pour le Centre de services scolaire des Patriotes, où l’on est en construction pour l’agrandissement de l’école, il y a quelque chose qui ne marche pas et que l’on dénonce depuis septembre. L’anxiété du retour à l’école repose sur l’aération. Malheureusement, on ne nous a rien annoncé de nouveau à ce sujet. »

Se voulant rassurant, le ministre a expliqué qu’à la suite des tests mesurant le taux de CO2, effectués sur l’échantillon de 330 classes, « la moyenne, c’est de 804 ppm, la cible est de 1000, mais on peut en tolérer jusqu’à 5000 en milieu de travail. Vous comprenez que si l’on peut en tolérer 5000, quand l’éducation a une cible très exigeante de 1000 et que la moyenne est à 804, et moins il y en a, mieux c’est, je pense que ça, c’est rassurant (...) Ce (que le Dr Massé) est venu nous dire essentiellement, c’est qu’il faut bien ventiler nos classes, mais qu’installer des purificateurs d’air, c’est une mauvaise bonne idée ».

Du côté du Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP), on promet d’annoncer au personnel des écoles les détails concernant les tests de la qualité de l’air « qui devront être effectués dans les établissements scolaires, tel qu’annoncé par le ministre de l’Éducation ».

M. Roberge indique que des informations propres aux services de tutorat mis en place seront communiquées au cours des prochaines semaines également.

Une mise en garde de la CSQ

Du côté de la Centrale des Syndicats du Québec (CSQ), on a fait part, dans un communiqué du 10 janvier, de l’intention d’adopter des mandats de grève dans l’ensemble des syndicats d’ici la fin du mois de janvier. « Le ras-le-bol et la colère sont généralisés chez nos 125 000 membres du secteur public, et cela se traduit par d’importants appuis à la grève (...) Le ministre semble dire que leur présence dans les classes et le bruit que ces appareils produisent seraient dérangeants pour la concentration des élèves. Je pense qu’il saute un peu trop vite aux conclusions et qu’il met en doute trop facilement le bon jugement du personnel pour ce qui est de choisir le meilleur emplacement pour ces purificateurs. Rappelons-nous qu’il n’y a pas si longtemps, le ministre doutait de la nécessité de porter des masques en classe, alors que son point de vue a changé depuis. La question des purificateurs d’air mérite sans nul doute d’être plus réfléchie également », amène Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

Chloé-Anne Touma, Initiative de journalisme local, Le Journal de Chambly