Les glaces du Saguenay encore trop minces à L'Anse Saint-Jean

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Les glaces encore trop minces dans le fjord du Saguenay face à L’Anse-Saint-Jean empêchent l’Association de pêche blanche de donner son autorisation à l’embarquement des quelque 150 cabanes qui formeront le village de pêche.

Mardi matin, les bénévoles de la zec, Jean Gagnon et Gervais Lavoie, accompagnés du conseiller municipal responsable du dossier Yvan Côté et du journaliste du Quotidien, ont procédé au sondage de l’anse.

Selon M. Gagnon, un bénévole expérimenté, la situation se présente ainsi: jusqu’à jeudi dernier, une grande partie de l’anse était à l’eau claire du côté nord tandis que la glace du côté sud est demeurée en place. Il résulte que dans la partie sud, jusqu’à environ un demi-kilomètre au large, la glace atteint environ 12 pouces.

Du côté nord, où la glace s’est formée avec le froid qui a régné de jeudi à lundi, la glace atteint six pouces. Le problème est qu’entre les deux plaques, on retrouve un secteur très dangereux où une faille non apparente ne permet pas de supporter un être humain. Il suffit de frapper un ou deux coups de tranche pour constater la présence d’eau claire.

Malgré le danger, des motoneiges ont circulé, ce qui a alerté les agents de Pêche et Océans Canada qui se sont rendus sur place dimanche, selon les informations recueillies.

Les bénévoles présents ont effectué une quinzaine de trous afin de mesurer l’épaisseur de la glace, ce qui a permis à M. Côté de conclure qu’il fallait attendre encore que dame Nature fasse son oeuvre avant de permettre l’embarquement.

D’autres sondages pourraient avoir lieu en fin de semaine ou en début de semaine en fonction de la température qu’il fera. Aucun grand froid n’est prévu au cours des prochains jours. « En tant que responsable de la pêche blanche, il n’est pas question de prendre de chance avec la sécurité du public. Si on décidait de baliser le long de la fissure, on deviendrait automatiquement responsables », affirme Yvan Côté.

Il reconnaît que plus les jours passent, plus l’association se rapproche d’un point de bascule alors que certains propriétaires de cabanes ont commencé à appeler afin d’annuler leur inscription et réclamer un remboursement. Ceux-ci estiment qu’une période de pêche blanche qui débuterait en février seulement pour se terminer le 8 mars, avec le passage du brise-glace, serait trop courte.

Entre l’atteinte de l’épaisseur magique de 12 pouces de glace et l’embarquement des cabanes, les bénévoles doivent encore procéder à l’aménagement du pont d’embarquement et du grattage des rues. M. Côté mentionne que l’annulation de la saison de pêche blanche pour une deuxième année consécutive aurait des conséquences sur les finances de l’association qui fonctionne de façon autonome.

Denis Villeneuve, Initiative de journalisme local, Le Quotidien