Les impacts de la pandémie se font ressentir dans les universités

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La professeure Josée Grenier du Département de travail social au campus de Saint-Jérôme fait partie d’une équipe de chercheurs de plusieurs universités qui s’est penchée sur l’impact de la COVID-19 et du confinement sur les étudiants, ainsi que sur les employés des établissements du Réseau des universités du Québec (UQ).

Le sondage, qui a été mené en avril et mai auprès de 2 754 personnes, a été fait sur l’ensemble de la communauté universitaire, incluant les étudiants, le personnel de soutien et les enseignants.

Les résultats de la phase 1 de l’étude confirment que la pandémie constitue une source de stress non négligeable pour les populations universitaires.

Les deux catégories de personnes les plus affectées par les impacts de la pandémie sont les étudiants et le personnel universitaire qui a des enfants. C’est notamment en raison de la conciliation travail-famille que les parents subissent davantage de pression. Depuis que les garderies sont fermées, il est plus difficile pour les employés de faire la conciliation, en plus du télétravail. En effet, 92,5 % des parents interrogés s’imposent de la pression dans la façon dont ils prennent soin de leurs enfants et 69 % d’entre eux estiment que les exigences de leur travail se répercutent sur leur vie familiale.

La plus grande surprise pour la cochercheuse Josée Grenier a été de voir le niveau d’anxiété très élevé chez les étudiants. « Je suis très sensible par rapport à ce que vivent les étudiants. Il y a un grand pourcentage d’entre eux qui souffrent d’anxiété. »

Selon l’étude, la vulnérabilité psychologique observée durant la pandémie est plus importante chez les étudiants que les employés. Les étudiants rapportent vivre davantage de manifestations anxieuses, dépressives, de détresse psychologique et de stress post-traumatique que les employés. Elle croit qu’il faut porter attention aux demandes de ce groupe de personnes et les écouter davantage.

Pour la professeure, le positif qui ressort de cette étude est l’importance des liens sociaux qui constituent une source de protection : « Il faut miser sur l’entraide et il faut être sensible envers autrui. Il a été démontré que les réseaux sociaux ont notamment été des vecteurs pour développer des liens sociaux. » En effet, l’étude a mis en lumière le rôle de protection de certains facteurs, comme le soutien social ou la qualité de vie spirituelle.

La phase 2 de l’étude qui s’amorce le 9 novembre permettra de suivre l’évolution de l’état de santé de ces étudiants et employés universitaires alors que la pandémie ne semble pas prête à s’arrêter.

Marie-Catherine Goudreau, Initiative de journalisme local, Journal Accès