Les Lavallois, les plus mobiles

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Le tiers des déplacements des Lavallois (34 %) dans une journée les amène ailleurs qu’à Laval, ce qui en fait les résidents les plus mobiles du Grand Montréal.

Voilà ce qui ressort de la dernière enquête Origine-Destination, l’une des plus importantes études de transport au Québec.

Les Longueillois arrivent deuxième à ce chapitre alors que 29 % de leurs déplacements quotidiens les conduisent au-delà des limites de la 5e plus grande ville du Québec, suivis des résidents des couronnes sud (27 %) et nord (20 %). Sans surprise, les Montréalais ferment la marche, eux dont 89 % des déplacements se limitent à leur île.

Menée à l’automne 2018, cette enquête quinquennale ventile les motifs des déplacements des résidents sortants sur une période donnée de 24 heures.

C’est ainsi qu’on apprend que 6 Lavallois sur 10 (59,4 %) sortent de l’île Jésus pour aller travailler. Pour un peu moins de 2 personnes sur 10 (15,4 %), ce sont les études qui en sont la cause. Enfin, 10,5 % de ce groupe dit sortir de Laval aux fins de loisirs et 4,1 % pour magasiner.

L’île de Montréal exerce de loin le plus grand pouvoir d’attraction auprès de ces Lavallois qui s’y rendent dans une proportion de 66 %. La Couronne nord que constituent les régions des Laurentides et Lanaudière accueille 30 % de cette clientèle alors que moins de 4 % privilégie la Couronne sud.

Cette vaste étude effectuée auprès de quelque 6000 ménages lavallois établit également la part modale des déplacements motorisés des résidents sortants de Laval, et ce, sur une période de 24 heures.

Près de 3 personnes sur quatre (72,5 %) disent se déplacer exclusivement en automobile ou au guidon d’une moto contre 18,3 % des gens interrogés qui utilisent seulement les transports en commun, à savoir l’autobus, le métro, le train et/ou le taxi collectif.

Le bimode est la réalité de 7,7 % des répondants, eux qui prennent l’automobile ou la moto pour accéder au transport en commun. Quant aux autres modes collectifs que représentent les transports adapté et scolaire, le taxi et l’autobus longue distance, ils comptent pour 1 % de la part modale des déplacements motorisés des Lavallois.

En comparaison à 2013, le recours exclusif à l’automobile est en baisse d’un point de pourcentage à Laval.

À l’inverse, l’usage exclusif du transport en commun a crû de 1,5 point en 2018 pendant que le bimode perdait la moitié d’un point de pourcentage.

Cela dit, en pareille matière, les Lavallois ont encore beaucoup à faire s’ils veulent un jour rejoindre les Longueillois, qui utilisent nettement plus fréquemment les transports collectifs.

Selon l’enquête Origine-Destination 2018, les résidents de cette municipalité de quelque 250 000 âmes, également desservie par le métro, recourent exclusivement aux modes de transport en commun dans 29,1 % de leurs déplacements motorisés. C’est tout près de 11 points de pourcentage de plus qu’à Laval. En d’autres termes, cette façon de se déplacer est 60 % plus élevée à Longueuil qu’à Laval.

«La part modale est directement liée à la densité d’activités (domicile, emplois, études, commerces) des lieux d’origine et destination», explique le porte-parole de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), Simon Charbonneau, tout en soulignant que cette densité d’activités est «légèrement supérieure à Longueuil».

En matière d’emplois, par exemple, Longueuil compte 900 emplois au kilomètre carré contre 800 à Laval.

«Le nombre de déplacements de Longueuil vers le centre-ville (secteur à très haute densité d’activités) est également plus élevé, ce qui favorise aussi une part modale plus élevée actuellement», analyse-t-il.

Source d’information fiable et complète sur les déplacements des personnes à pied, à vélo, en bus, en métro, en train ou en auto dans la région métropolitaine de Montréal, l’enquête Origine-Destination a permis d’établir à quelque 800 000 le nombre de déplacements par les résidents de Laval pour un jour moyen de semaine.

En matière de modes de transport actif, cette mesure prise à l’automne 2018 ne tient compte que des déplacements vers une destination précise, mentionne Daniel Bergeron, directeur exécutif Planification des transports et mobilité à l’Autorité régionale du transport métropolitain (ARTM).

Incidemment, cette enquête contribue activement à une meilleure planification des réseaux de transport collectif et routier et à l’amélioration des plans de développement urbain du Grand Montréal (voir autre texte).

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Stéphane St-Amour, Initiative de journalisme local, Courrier Laval