Les petits secrets d’une couponneuse

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Sherbrooke — Tout le monde a le pouvoir d’économiser sur son épicerie, peu importe le temps qu’on a à y consacrer, croit la couponneuse aguerrie, mère et courtière immobilière Vicky Armstrong Béliveau. Même si ses années de couponnage intensif sont derrière elle, la Sherbrookoise croit que ce moment de crise est parfaitement choisi pour partager ses meilleures astuces d’épargne et redonner au prochain.

La jeune femme, qu’on a même vue dans l’émission à succès Un souper presque parfait sous le surnom de la « couponneuse perfectionniste », en 2017, utilise toujours plusieurs de ses trucs, même si sa situation financière est plus confortable qu’à ses débuts il y a sept ans.

« Je m’étais lancé un défi personnel d’apprendre le couponnage parce que je suis tombée enceinte de ma petite puce, et je suivais des cours de courtage le soir. La nuit, quand j’allaitais toutes les deux heures, j’étais sur des sites de couponnage pour voir ce qu’on allait faire. »

Depuis quelques années, elle prend maintenant soin de faire don de plusieurs de ses trouvailles à Moisson Estrie. En trois ans, c’est plus de 100 kg de produits qu’elle estime avoir retirés de ses grandes étagères pour en faire bénéficier les moins nantis.

« Je réussis à obtenir plein de produits gratuits ou presque; c’est certain que mon cœur en arrache. J’ai habité en Afrique, et j’ai vu comme c’est difficile de boire un simple verre d’eau là-bas. Alors chaque année, j’essaie de donner le plus possible », confie celle qui en profite déjà pour sensibiliser sa fille en l’impliquant dans le processus de dons.

« Couponner » en 4 étapes

À l’image de cette ère numérique, la méthode en quatre astuces qu’utilise Mme Armstrong Béliveau repose en grande partie sur l’utilisation d’applications mobiles.

Premièrement : les rabais de la semaine en épicerie. Mais pas besoin de circulaire papier : « Ce qui est génial, ce sont les applications Flipp ou Reebee, qui regroupent toutes les circulaires de tous les magasins au même endroit. Avec Reebee, on peut même voir les rabais de la semaine prochaine. On peut faire une liste d’achats dans l’application qui sera ensuite divisée par magasin. »

En répertoriant les rabais de différents commerces, celle-ci mise ensuite sur les « imbattables », des politiques appliquées chez Maxi et Walmart qui consistent à égaler les prix de la concurrence à la caisse.

La deuxième étape, c’est de rassembler divers coupons qu’elle trouve en ligne. Celle-ci propose notamment des sites comme save.ca, websaver.ca et utilisource.ca.

« En jumelant les imbattables et les coupons, je n’ai jamais payé de dentifrice ni de brosse à dents. Je suis encore à écouler mes stocks d’il y a quatre ans », se réjouit Mme Armstrong Béliveau.

Son troisième truc : l’application Checkout 51, qui propose chaque semaine des remises en argent lorsqu’on achète certains produits. « Je regarde à l’avance quels produits offrent des remises. Ensuite, au retour de l’épicerie, ils demandent que je prenne ma facture en photo dans l’application pour démontrer que j’ai acheté le produit. Ils mettent l’argent dans mon compte et je reçois un chèque dès que j’atteins 20 $ de remises. J’ai déjà fait de l’argent avec ça, parce que j’avais eu quelque chose gratuitement à cause de mes imbattables et de mes coupons. »

Finalement, comme quatrième source d’économies, l’experte recommande vivement l’utilisation de programmes de récompenses, comme PC Optimum (dans les magasins Provigo, Maxi et Pharmaprix), qui permettent aussi d’accumuler des remises en argent et d’utiliser le montant sur son épicerie dès qu’on atteint 10 $.

Organisé et assumé

« Rien n’oblige à utiliser les quatre trucs. Les gens peuvent y aller à leur rythme. Moi, j’étais une passionnée maniaque! Mais avec la COVID-19, tout ce qui se passe et les gens qui perdent leur emploi, ça peut être tellement intéressant de prendre 10 ou 15 heures dans la semaine. », mentionne-t-elle, encourageant les gens à surmonter leur orgueil et les préjugés de file d’attente.

Somme toute, l’organisation et le respect demeurent primordiaux.

« Il y a des gens qui attendent derrière. On peut les avertir ou le mentionner à la caissière pour qu’elle ferme à l’avance. Je mets mes imbattables dans le haut de mon panier pour les passer en dernier et j’apporte les bons coupons dans une enveloppe. À l’époque, j’avais monté un gros cartable avec mes coupons classés par date. »

Si on prévoit faire de grandes économies, il est aussi préférable de prévoir l’espace de rangement nécessaire, et être prêt à changer de marque selon les différents spéciaux.

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune