Les sentiers de Saint-Sauveur : Le défi de la pérennité

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La Ville de Saint-Sauveur s’est dotée d’un comité de liaison avec Plein air Saint-Sauveur (PASS), lors de la séance du conseil municipal du 18 janvier. Qu’est-ce que cela signifie pour le développement des sentiers? Discussion avec Jacques Gariépy, maire de Saint-Sauveur, et Michel Lauzon, secrétaire de PASS.

PASS fêtera bientôt ses 3 ans d’existence, à la mi-mars 2021. « C’est un long cheminement. PASS a été créé à notre demande, et un paquet de mains se sont levées. […] Notre but premier, c’était de pérenniser les sentiers non-motorisés sur le territoire », raconte Jacques Gariépy.

La Ville de Saint-Sauveur et PASS travaillaient déjà main dans la main, mais le nouveau comité de liaison permettra une meilleure coordination des ressources et des efforts.

Tracer et entretenir des sentiers est une chose, mais assurer leur pérennité en est une autre. Une grande partie des sentiers existants dans les Laurentides passent sur des terrains privés. La plupart des sentiers patrimoniaux ont même été morcelés par le développement urbain et des propriétaires réticents.

Saint-Sauveur veut donc développer un réseau de sentiers dont les droits de passage sont protégés. C’est donc la Ville, et non PASS, qui négocie avec les propriétaires terriens, explique Michel Lauzon. « On va participer aux rencontres de négociation, mais la Ville joue un rôle de premier plan. Quand on va rencontrer des propriétaires, ç’a plus de poids quand la Ville entreprend les négociations. »

Saint-Sauveur a aussi instauré une contribution aux fins de parc, à l’instar d’autres villes de la région, qui oblige les promoteurs immobiliers à céder 10 % du terrain développé (ou l’équivalent en argent) à la Ville. « On a décidé, autant que possible, de prendre les terrains. On fait des sentiers avec ça », précise M. Gariépy.

Ainsi, une fois développés, les sentiers appartiennent à la Ville et leurs droits de passage sont assurés.

Si certains s’impatientent de voir ouvrir plus de sentiers sauveurois, il faut savoir que leur développement est long et complexe, rappelle M. Lauzon. « Ce sont des délais normaux. On ne peut pas faire en 3 ans ce que PASA (Plein air Sainte-Adèle) a fait en 30 ans. Il faut être patients. »

M. Lauzon donne l’exemple d’un don écologique, fait par la famille De Volpi, d’un vaste terrain de 3 millions de pieds carrés qui chevauche Mille-Isles et Saint-Sauveur. Le don doit être évalué et validé par deux ministères, un à Québec, l’autre à Ottawa, et des rapports d’experts, comme des arpenteurs, doivent leur être fournis.

Pour chaque projet, il faut aussi prévoir des espaces de stationnement, pour éviter des débordements comme on en a déjà vus cette saison.

Ainsi, le comité de liaison permettra à PASS d’utiliser les ressources et l’expertise de la Ville pour faire avancer ses projets, comme les services juridiques et le service d’urbanisme. « Au lieu que PASS embauche, ce sont nos professionnels qui travaillent avec PASS pour développer des sentiers. […] On pense que ça assure une meilleure continuité comme ça », explique le maire de Saint-Sauveur.

Présentement, PASS développe 4 pôles à Saint-Sauveur. D’abord, les sentiers du Mont de la Marquise sont presque terminés. Après la fonte des neiges, PASS pourra en compléter la signalisation et l’aménagement. Leur ouverture officielle devrait donc avoir lieu quelque part ce printemps.

Ensuite, le Mont-Habitant, où de nombreux sentiers existent déjà, mais que Saint-Sauveur souhaite pérenniser en négociant les droits de passage avant de les rendre officiels et de les publiciser. Même chose pour le pôle de la Côte Saint-Gabriel.

Enfin, le don écologique de la famille De Volpi, mentionné plus haut. Ce vaste territoire doit être évalué et développé avec prudence, puisqu’il contient de nombreux milieux humides et donc les sentiers ne peuvent pas passer n’importe où.

À long terme, l’objectif est de lier les pôles entre eux, mais aussi de rattacher le réseau de Saint-Sauveur aux réseaux des municipalités voisines.

Quant au Cap-Molson, sur lequel la Ville s’est gardé un droit de réserve, M. Gariépy affirme que le processus d’expropriation commencera bientôt. Des randonnées piétonnières et un belvédère au sommet sont prévus.

Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès