Les trésors engloutis du lac des Seize Îles

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Un vase huron intact, vieux de 500 ans. Un vase iroquoien, cassé en deux celui-ci, mais vieux de 700 ans. Des formations de marbre uniques, qui pourraient redéfinir l’âge de nos lacs. Ce ne sont là que quelques-uns des trésors découverts par Jean-Louis Courteau, lors de ses plongées dans le lac des Seize Îles.

« Chaque fois que je parle de ces découvertes, on me demande si c’est un lac spécial. Oui, sans doute un peu. Mais ce que ça démontre surtout, c’est à quel point on ne connaît pas les lacs et les rivières du Nord. » À travers ses années de plongée, M. Courteau a fait des découvertes archéologiques, mais aussi biologiques et géologiques. « Les lacs sont beaucoup plus riches en merveilles scientifiques qu’on pourrait penser! »

C’est pourquoi, avec un groupe de plongeurs et de passionnés, il a fondé le CIEL : le Centre d’interprétation des eaux laurentiennes. « Moi, je ne suis pas un scientifique, je n’ai pas de formation. Quand on fait des découvertes, qu’on trouve des choses intrigantes, notre rôle est de les documenter, les photographier, les filmer, etc. Après, on cherche des gens qui peuvent les interpréter », explique M. Courteau, qui est directeur du centre.

Normalement, le petit musée est ouvert au public et présente plus de 600 artéfacts, tout près du lac des Seize Îles. Il est présentement fermé, à cause de la pandémie.

Les trésors dénichés par le CIEL permettent d’apercevoir l’histoire perdue des Laurentides. Le vase huron par exemple, découvert en 2013, date de l’époque pré-contact : avant l’arrivée des Européens en Amérique. Il s’agit aussi d’un des rares vases intacts qui existe encore. « Dans les musées, on voit souvent des tessons, des petits morceaux de poterie. C’est extrêmement rare de voir un vase complet, ou même un vase reconstitué à partir de morceaux. »

M. Courteau explique que les poteries en terre cuite sont fragiles. « C’est facile à casser, si on l’échappe. Il y a donc plus de chance de trouver un vase intact dans l’eau qu’en archéologie terrestre. »

Autre fait notable : c’était les Weskarinis, des nomades de la grande famille algonquine, qui occupaient alors le territoire. Mais les deux vases trouvés sont huron et iroquoien. Pour M. Courteau, c’est une autre preuve des échanges qui s’opéraient entre les différents peuples autochtones.

Toujours dans le lac des Seize Îles, M. Courteau a aussi découvert des formations de marbre intrigantes. « On peut en trouver dans plusieurs lacs, mais celle-ci pourrait modifier notre conception de l’âge des lacs en général. Le lac des Seize Îles est peut-être beaucoup plus vieux qu’on pensait… » Le plongeur reste toutefois évasif sur les détails, parce qu’une équipe de géologues de l’Université d’Ottawa devrait publier bientôt le résultat de 4 ans de recherche. « Je ne peux pas leur voler le punch! »

Qui sait les merveilles que les lacs et les rivières des Laurentides ont encore à dévoiler?

Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès