Une fête de l'Halloween pas comme les autres

Stéphane Blais et Helen Moka
·4 min read

MONTRÉAL — La collecte de bonbons d'Halloween n'était pas comme les autres cette année.

Pandémie oblige, les familles devaient garder en tête le respect des consignes sanitaires, comme le maintien d'une distance de deux mètres avec les autres.

Dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, Pierre, 6 ans, a aussi remarqué que les sucreries étaient distribuées différemment.

«C'est parce qu'ils donnaient les bonbons dans des trucs de tuyau. C'est que, aussi, il y en a qui laissaient des boîtes de bonbons sur les balcons et on pouvait les prendre sans problème», a relaté le gamin dans son costume de superhéros.

La Presse Canadienne a constaté que plusieurs résidants avaient en effet construit des tuyaux à partir de gouttières, de rouleaux de papier d'emballage ou encore de stores. Une sorcière avait même roulé son tapis volant en forme de cylindre pour respecter une distance de deux mètres avec les enfants.

Charley, 8 ans, savait qu'elle devrait s'armer de patience et mettre ses bonbons en quarantaine une fois à la maison.

«On peut juste en manger dans trois jours», a indiqué la petite déguisée en chat noir, en tentant de cacher les petits chocolats qu'elle venait d'engloutir à l'insu de sa mère.

Nouveauté cette année: le comité de citoyens Rendez-Vous NDG avait mis en place un sentier de citrouilles illuminées dans le Parc Notre-Dame-de-Grâce. Les résidants du quartier étaient invités à déposer leur citrouille décorée au chalet du parc pendant la journée et les organisateurs se chargeaient de les illuminer à la tombée du jour.

Le but était de célébrer «de manière créative, fun et sécuritaire», selon la page Facebook de l'événement. La Presse Canadienne a constaté que des centaines de citoyens s'étaient prêtés au jeu en décorant des citrouilles.

À la tombée du jour, des dizaines de familles, masquées pour se déguiser, mais aussi pour se protéger, circulaient dans les sentiers du parc pour admirer les citrouilles, dont certaines avaient la forme du coronavirus, un thème qui semblait inévitable en cette Halloween 2020.

Dans le contexte sanitaire actuel, la récolte de diverses friandises a pris une signification particulière avant une saison froide qui s'annonce longue sans rassemblements familiaux ou amicaux.

Les services de police ont rapidement ajusté leurs consignes pour rendre l'événement plus sécuritaire, comme à Sherbrooke où l'on recommandait de limiter le circuit à son quartier résidentiel, entre 16 h 30 et 20 h 30, sans entrer dans les maisons et en respectant une distance de deux mètres avec les autres familles. Les friandises récoltées devront être mises en quarantaine au moins 24 heures avant de les consommer.

L'affiche du gouvernement du Québec qui accompagnait le communiqué de presse du Service de police de la Ville de Sherbrooke demandait aussi aux enfants de s'abstenir de chanter à proximité des autres.

À la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR), les consignes étaient similaires, sans préciser l'heure de la cueillette ni l'interdiction de chanter. Les enfants étaient cependant invités à porter un couvre-visage.

Là aussi, les policiers devaient être bien visibles pour inciter les automobilistes à ralentir, mais aussi pour rappeler les consignes sanitaires aux familles qui ont choisi d'effectuer cette sortie en famille.

«Ce n'est pas entre amis, la santé publique a mentionné que ce sont juste les membres qui résident à la même adresse qui peuvent circuler ensemble», a rappelé l'agente Michèle Loranger en entrevue à La Presse Canadienne.

Bien que l'esprit soit à la fête, elle a souligné que les policiers ne se gêneraient pas pour donner des contraventions, si c'est vraiment nécessaire.

«On va rappeler les consignes, mais si l'on voit que les gens ne collaborent pas ou refusent de se conformer, malheureusement on peut aussi émettre un constat d'infraction. Les mineurs peuvent recevoir des constats de 560$, mais les adultes c'est 1546$ qui va s'appliquer», a précisé la porte-parole de la police de Trois-Rivières.

Face aux adultes, voire aux adolescents, tentés de faire fi des consignes du gouvernement en organisant des fêtes costumées, les policiers devraient se montrer beaucoup moins tolérants.

«On va quand même être vigilants sur les appels qu'on va recevoir s'il y a des partys d'Halloween dans des résidences. On va intervenir. On va aller vérifier l'endroit puis sensibiliser les gens, mais si toutefois ils ne collaborent pas, ils peuvent aussi recevoir des constats d'infraction», a affirmé l'agente Loranger.

«Mais rassurez -vous, on ne fera pas de chasse aux sorcières», a-t-elle lancé d'un ton rieur.

Stéphane Blais et Helen Moka, La Presse Canadienne