De l'hexagone à l'arène politique

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Les observateurs les plus cyniques vont régulièrement répéter le laïus voulant que les politiciens de carrière soient tous faits à partir d’un même moule. Pourtant, l’éventail des citoyens qui se lancent en politique municipale est on ne peut plus varié. À ce chapitre, le parcours ayant mené Mathieu Daviault au conseil de Saint-Amable fait partie de ceux qui peuvent étonner.

Élu pour la première fois en 2017, l’Amablien de 33 ans a notamment dû décider, à la croisée des chemins, s’il devait poursuivre sa carrière sportive dans les arts martiaux mixtes (AMM) ou se lancer en affaires pour gagner sa vie.

« J’ai toujours été sportif, nous explique celui qui, en compagnie de son père, a fondé l’entreprise Conteneur Daviault en 2010. J’ai joué au football, au hockey durant toute ma jeunesse. Puis, à 21 ans, à la suite d’une blessure au genou, j’ai décidé de changer de discipline. Comme les sports de combat m’ont toujours intéressé, je me suis lancé dans les arts martiaux mixtes. J’ai notamment appris le jiu-jitsu, une des disciplines fortes dans la pratique des AMM. »

Avec une fiche de sept victoires en neuf combats, on peut même dire que le jeune homme montrait un certain talent chez les combattants amateurs. Après avoir pris la décision de quitter l’hexagone pour de bon, le futur conseiller du district 2 de Saint-Amable a cependant poursuivi sa passion pour le jiu-jitsu, ce qui lui a permis de voyager pour participer à des compétitions un peu partout en Amérique avant de devenir lui-même entraîneur.

« Sans me vanter, je pense que je suis un bon élève, croit Mathieu Daviault. J’ai roulé ma bosse. Le jiu-jitsu m’a permis de vivre des expériences incroyables. C’est un beau sport. Et c’était quand même moins demandant côté temps. En AMM, tu dois t’entraîner trois heures, et ce, tous les soirs avant un combat. Alors j’ai fait un choix de vie. Le jiu-jitsu, c’est demandant, mais la charge est quand même moins grande.»

À l’instar de bien des résidents de Saint-Amable, où la moyenne d’âge se maintient sous la barre des 35 ans, Mathieu Daviault a fondé son propre petit clan ces dernières années. Père de deux fillettes âgées de 5 ans et 2 ans et demi, celui-ci a profité de la pandémie pour passer un peu plus de temps avec sa marmaille et intégrer la pratique de la discipline à la routine familiale.

« On pratique la base, les techniques, les mouvements, mais c’est toujours sous forme de jeu, précise celui qui, en 2019, a été le candidat conservateur lors des élections fédérales dans Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères. Ma grande, elle fait ça depuis déjà deux ans avec papa. C’est quelque chose que j’adore. Durant la pandémie, il n’y avait pas de cours pour les enfants, alors j’ai acheté des tapis pour que nous puissions pratiquer toutes les semaines dans le garage. C’est important pour moi. C’est un sport qui permet d’acquérir des vertus comme la discipline. Il faut dire que c'est aussi une technique d’autodéfense, alors c’est comme un cadeau qu’on leur fait. »

Quant à l’inévitable parallèle entre les arts martiaux mixtes et la politique, celui dont la grand-mère paternelle a également été conseillère municipale admet qu’il y a des similitudes, même si la civilité est souvent plus présente entre des combattants qu’entre adversaires politiques.

« Pour avoir fait les deux, je peux vous dire par expérience personnelle qu’il y a beaucoup plus de respect en sport de combat que dans la politique. Ça, c'est définitif! »

Steve Martin, Initiative de journalisme local, La Relève