Livraison trop cher payée pour les restaurateurs ?

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Les restaurateurs sont pris en étau entre le besoin de s’adapter au marché actuel, en offrant la livraison, et le désir de conserver leur indépendance et leurs profits.

Acculés au mur depuis la pandémie, de plus en plus de restaurateurs s’associent aux services de livraison Uber Eats, DoorDash et SkipTheDishes. Pour certains qui rament à contre-courant et qui veulent garder leur indépendance, livrer avec Uber Eats est comme signer un pacte avec le diable. Ces services de livraison sont-ils la solution ou le coup de grâce pour les restaurateurs?

L’avis de nos commerçants

Pour Romain Lanly, copropriétaire de la crêperie Les Friands Disent, à Chambly, qui sollicite les services d’Uber Eats, le gain est plutôt de nature promotionnelle. « Uber prend 30 % sur toutes les commandes. Nous sommes gagnants dans le sens où ça nous aide à nous faire connaître, mais pas forcément financièrement. »

Au restaurant italien Tre Colori, on préfère conserver son propre service de livraison. « On fait la livraison nous-mêmes depuis 1967 », nous apprend-on au comptoir de la prise de commandes, affirmant que c’est plus avantageux.

Rappelons que la semaine passée, le gouvernement du Québec a demandé aux plateformes de livraison de repas de réduire les frais imposés aux restaurateurs et que le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, a proposé un plafond à 20 %. Alors que les géants américains Uber Eats et Doordash ont refusé de se soumettre à leur volonté, leur concurrent canadien SkipTheDishes a abdiqué, plafonnant sa livraison à 20 % tous frais inclus.

Notons que la livraison offerte par ces services est ce qui permet à plusieurs restaurants de demeurer ouverts et fonctionnels pendant le couvre-feu, tout en leur évitant les efforts de logistique qu’impliquerait le fait de se doter de leur propre service de livraison. Mais surtout, la mise en marché sur des services aussi populaires qu’Uber Eats offre une visibilité non négligeable, lorsque l’Association Restauration Québec (ARQ) reconnaît elle-même qu’une importante portion de la clientèle généralement organique n’est souvent pas au courant du maintien de l’ouverture des restaurants pendant le couvre-feu.

Chloé-Anne Touma, Initiative de journalisme local, Le Journal de Chambly