Locataires expulsés : on demande l’intervention de la ministre Andrée Laforest

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LOGEMENT. Alors que sévit ce qu’il qualifie d’une «grave crise du logement» et que le prix des logements à louer sont à la hausse, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) est préoccupé par l'augmentation de 100% du nombre de demandes reçues cette année et demande l'intervention urgente de la ministre de l'Habitation Andrée Laforest. D'après la compilation du RCLALQ, les ménages locataires dont le propriétaire souhaite les expulser sont passés de 305 en 2019 à 597 en 2020. Les motifs d'expulsion sont multiples : reprise de logement, éviction pour subdivision, agrandissement ou changement d'affectation, rénoviction, démolition. Une augmentation également notée par le Tribunal administratif du logement avec une hausse de 40% du nombre d'audiences pour la reprise d'un logement. Selon les données récoltées par le RCLALQ, ce sont majoritairement des nouveaux propriétaires qui expulsent. Des 597 tentatives d'éviction, 60% sont le fruit de propriétaires qui avaient acquis l'immeuble depuis moins d'un an. «Il ne fait plus aucun doute que les expulsions de locataires pour le profit sont un fléau en pleine expansion. Puisque les protections pour les locataires sont insuffisantes, les propriétaires n'hésitent pas à user de tactiques douteuses, voire illégales, pour expulser impunément», s'indigne le porte-parole du RCLALQ, Maxime Roy-Allard. «Sur le terrain, on voit que les locataires qui reçoivent ces menaces d'expulsion paient souvent un loyer moins cher que leurs voisins, souvent parce qu'ils habitent le même logement depuis longtemps. La moitié des locataires visés habitait leur logement depuis au moins 10 ans. Les propriétaires ciblent ces logements avec l'objectif de les relouer à fort prix. Mais tout cela a des conséquences désastreuses pour l'accès au logement pour les ménages à faible revenu», ajoute le porte-parole du RCLALQ qui demande l’intervention de la ministre Andrée Laforest. Ainsi, le RCLALQ réclame le retrait des dispositions du Code civil du Québec permettant l'éviction pour fins de subdivision, agrandissement et changement d'affectation. Concernant les reprises de logement, elles devraient être interdites pour tous les secteurs où le taux d'inoccupation est inférieur à 3% et les indemnités versées aux locataires lors d'une reprise devraient être considérablement augmentées (équivalentes à 12 mois de loyer). La ministre doit également instaurer un contrôle obligatoire et un registre des loyers pour empêcher les tactiques d'éviction qui visent à augmenter rapidement le prix des logements selon le Regroupement.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal