Quatre heures de soins par jour dans les foyers de longue durée en Ontario

Shawn Jeffords
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TORONTO — Le gouvernement de l'Ontario a promis lundi d'établir une nouvelle norme afin que les résidents des foyers de soins reçoivent en moyenne quatre heures de soins directs par jour d'ici 2024-2025, mais certains ont estimé que cet échéancier était trop éloigné.

Le premier ministre Doug Ford a indiqué lundi que lorsque la nouvelle norme sera atteinte, cela représentera une augmentation importante par rapport à l'actuelle moyenne quotidienne de 2,75 heures de soins directs par résident. Il a soutenu que la province devra embaucher «des dizaines de milliers» d'infirmières, d'infirmières auxiliaires et d'employés de soutien pour fournir les soins.

«Ce sera la norme de référence dans le secteur des soins de longue durée», a dit M. Ford. «Et nous ne nous contenterons de rien de moins.»

Des défenseurs des patients et les syndicats du secteur de la santé réclamaient depuis des années cette norme minimale de quatre heures de soins par jour dans les foyers de soins de longue durée. Ces demandes se sont intensifiées depuis le début de la pandémie, après la mort de plus de 2010 résidents de ces établissements des suites de la COVID-19.

Les détails supplémentaires de cette nouvelle norme seront présentés dans le budget provincial, qui doit être déposé jeudi, et un plan de dotation en personnel sera publié le mois prochain, a indiqué le premier ministre. «Nous savons qu'un changement aussi important prendra du temps afin de recruter et de former le personnel nécessaire», a convenu M. Ford. «Mais nous commençons ce travail sérieusement dès maintenant. Il se fait attendre depuis trop longtemps.»

Un délai jugé trop long

La directrice de l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario a qualifié cette annonce de «promesse électorale vide» en raison de son long délai de mise en œuvre. Doris Grinspun croit que sans engagement à enchâsser la norme dans une loi et à accélérer le recrutement pendant la pandémie, il s'agit de paroles creuses. «Combien de personnes âgées supplémentaires mourront inutilement et combien de membres du personnel tomberont malades?», a-t-elle demandé.

La secrétaire-trésorière de la section ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique a affirmé de son côté que la promesse du gouvernement Ford était une bonne chose, mais que sa mise en œuvre devait être accélérée. Candace Rennick a estimé que le gouvernement devait s'assurer de financer correctement l'embauche du personnel nécessaire — le syndicat estime qu'il faudra 320 millions $ par an pendant quatre ans.

«Nous avons besoin de voir un engagement financier, des objectifs, des repères, une responsabilité et une application autour de ces objectifs», a-t-elle dit.

La cheffe du Nouveau Parti démocratique ontarien, Andrea Horwath, a souligné que les résidents des établissements de soins de longue durée et leurs proches ne pouvaient pas attendre des années avant que la nouvelle norme soit mise en œuvre. «Si c'est une priorité, si c'est quelque chose que vous jugez vraiment nécessaire, alors cela devrait arriver beaucoup, beaucoup plus rapidement que dans quatre ou cinq ans», a-t-elle dit. «Il y aura des milliers de personnes en soins de longue durée qui n'auront pas la qualité des soins qu'elles méritent.»

Le NPD a présenté quatre projets de loi d'initiative parlementaire, le plus récemment la semaine dernière, dans le but de garantir une norme minimale de quatre heures de soins dans les établissements de soins de longue durée.

948 nouveaux cas

L'Ontario a par ailleurs signalé lundi 948 nouveaux cas de COVID-19 et sept autres décès attribuables au virus.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, a précisé que 315 cas avaient été rapportés à Toronto, 269 dans la région de Peel, 81 dans la région de York et 64 à Ottawa. Au total, 328 personnes sont hospitalisées en raison de la COVID-19, dont 75 aux soins intensifs.

La province a également rapporté 71 nouveaux cas de COVID-19 liés aux écoles, dont au moins 41 parmi les élèves, ce qui porte à 558 le nombre d'écoles ayant signalé au moins un cas, sur les 4828 écoles de l'Ontario recevant des fonds publics. Quelque 27 910 tests ont été menés depuis le plus récent bilan quotidien.

Shawn Jeffords, La Presse Canadienne

Note aux lecteurs: Version corrigée. La version précédente contenait une imprécision quant au montant que le Syndicat canadien de la fonction publique juge nécessaire pour financer cette mesure.