De Louis Vuitton à Rose Coco

·3 min read

TEXTE 2 DE 2

Sous l’aiguille de sa machine à coudre, Claudie Laisne a troqué les sacs à main de Louis Vuitton pour les couches lavables de Rose Coco. L’ancienne couturière de la marque de luxe a quitté la France avec son conjoint pour s’établir au Saguenay et réaliser leur rêve commun de vivre au Canada.

Son conjoint a été recruté comme soudeur par l'entreprise chicoutimienne Fabmec, lors des Journées Québec organisées à Paris. Le couple projetait alors de changer de pays et avait été séduit par plusieurs reportages sur le Canada.

Il s’est installé à Chicoutimi en janvier 2020, et elle l’a ensuite rejoint en mars. Claudie Laisne a tout d’abord trouvé un emploi dans une résidence privée pour aînés de Chicoutimi, comme préposée à l’entretien.

Après 15 ans à travailler comme couturière pour les Ateliers Louis Vuitton, en Normandie, près du mont Saint-Michel, elle s’était promis de ne plus travailler dans le domaine. Elle recherchait un autre milieu de travail qu’une imposante usine et le rythme de production qui l’accompagne.

«Je ne voulais plus d’usines à 800 personnes», partage-t-elle, lorsque rencontrée à l’atelier de Rose Coco à La Baie. Une offre d’emploi de la petite entreprise sur laquelle elle est tombée a cependant attiré son attention.

«Quand j’ai vu l’annonce, je me suis dit: “C’est un petit atelier, c’est pas du tout la même chose, c’est plus familial.” Donc ça m’a vraiment interpellée.»

C’est ainsi qu’elle a rejoint l’équipe de Rose Coco en juin. Et elle ne regrette pas son choix. «J’ai toujours été habituée de bosser avec un rendement à faire, avec des objectifs tous les matins, c’est vraiment de la pression de rendement», laisse-t-elle tomber.

Chez Louis Vuitton, à la moindre erreur de confection, les sacs à main de luxe prenaient la direction de la poubelle, hauts standards de la marque obligent.

Claudie Laisne a appris à découvrir les couches lavables chez Rose Coco. «C’est un truc en France qui n’est pas encore réputé, vraiment, remarque-t-elle. Et du coup, j’aime bien faire ça, c’est intéressant, ça change tout le temps.»

Si elle et son conjoint sont heureux de leur nouvelle vie professionnelle, la pandémie a cependant jeté une ombre au tableau de leur projet familial. L’aînée de leurs trois enfants, âgée de 19 ans, a préféré reprendre la direction de la France, se sentant isolée.

En attendant de pouvoir partir à la découverte de leur nouveau pays, dans lequel ils n’avaient jamais mis les pieds avant d’immigrer, le couple se réjouit de l’accueil reçu jusqu’à maintenant. «Les Québécois en général sont vraiment, vraiment accueillants», souligne-t-elle.

+

RÉDUCTION D'AU MOINS TROIS TONNES DE DÉCHETS

L’utilisation de couches lavables plutôt que des couches jetables permet de réduire la production de déchets d’au moins trois tonnes pendant les trois premières années d’un enfant, estime l’entreprise baieriveraine Rose Coco.

Marianne Simard, cofondatrice de l’entreprise, souligne qu’un enfant peut être changé de couche de 6 à 12 fois par jour, selon son âge et les situations, pendant ses trois premières années.

Ce qui représente l’utilisation de près de 2200 couches jetables par année, au minimum, totalisant trois tonnes de déchets pour les trois premières années de vie de l’enfant.

«Avec une trentaine de couches lavables, un parent peut fonctionner», mentionne l’entrepreneuse. Les couches réutilisables peuvent être prérincées et ensuite lavées à la laveuse.

Des programmes d’aide financière ont d’ailleurs été mis sur pied dans différentes municipalités de la province, dont à Saguenay, pour encourager les citoyens à réduire leur production de déchets en achetant des couches lavables.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien