Lueur d’espoir pour le Camping équestre de Bécancour

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La direction du Camping équestre du Parc régional de la rivière Gentilly, à Bécancour, espère encore pouvoir rouvrir d’ici quelques mois. Le camping équestre du secteur Sainte-Gertrude a été fermé l’an dernier pour non-conformité environnementale.

Le site a pourtant été exploité et toléré durant plusieurs années avant d’être fermé en 2020. « La direction du Parc n’avait pas d’autorisation officielle pour exploiter le camping en vertu de la Loi sur la protection du territoire agricole » de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), explique Guy Lebeau, un consultant spécialisé en matière zonage agricole embauché par la direction du Parc. « Ils (le Parc) croyaient qu’ils avaient le droit de faire le camping en vertu d’une ancienne décision de la CPTAQ. Il a été aménagé. Ça fait longtemps que ça traîne », de dire M. Lebeau.

Le camping équestre avait alors deux choix: démolir les installations existantes du camping ou tenter de régulariser la situation. Le camping comprend 16 terrains, 10 boxes et six enclos pour chevaux. Il est sis sur un terrain appartenant à la Ville de Bécancour.

La direction du Parc va donc soumettre son dossier pour une troisième fois à la CPTAQ, nous dit Chantale Bédard, directrice générale du Parc, un peu découragée, mais qui tient bon. « On est pris. Il faut suivre le rythme de tout ce qui est bureaucratique. Pour l’avoir vécu trois fois, ça prend environ un an » pour qu’une demande chemine auprès de la Commission de protection du territoire agricole du Québec. «On sait exactement ce qu’ils nous ont refusé. On propose une alternative».

On sait cependant que Karl Grondin, président du conseil d’administration du Parc régional, s’est entretenu le 28 janvier dernier avec Daniel Habel, président de la Fédération régionale de l’UPA Centre-du-Québec. Rien n’a filtré des discussions. «On garde le cap, on va déposer notre demande. On a vraiment réduit notre demande pour pouvoir opérer ce qui existe actuellement », précisait M. Grondin au lendemain de cette rencontre. «On essaie de répondre aux irritants de l’UPA», ajoute-t-il.

L’UPA et la direction du Parc semblent en tous cas vouloir travailler dans la même direction. M. Grondin croit-il pouvoir rouvrir le camping équestre cet été malgré tout? « Ça m’étonnerait beaucoup, à moins d’un revirement. Je ne sais pas. La Ville de Bécancour a investi beaucoup d’argent dans le projet du Parc.» En fait, près d’un demi-million de dollars. «À l’époque, on a décidé d’isoler l’équestre pour qu’il y ait des retombées à Sainte-Gertrude. On a tout fait de bonne foi. On espère que cette fois est la bonne. Ça doit faire facilement cinq ou six ans qu’on est là-dessus», souligne M. Grondin.

La CPTAQ refuse de commenter. « La Commission ne commente pas les dossiers qui sont à son registre ni ceux qui ont été portés à son registre, considérant le droit de réserve que la Commission doit exercer. En effet, c’est par ses documents décisionnels qu’elle s’exprime. »

Patience et longueur de temps

Les délais de traitement sont effectivement assez longs, précise Guy Lebeau, le consultant spécialisé en matière zonage et dont l’une des responsabilités est de ficeler le dossier qui sera de nouveau déposé à la CPTAQ. «Nous nous apprêtons à revenir avec une demande sur la même parcelle de terrain». La direction du Parc va d’ailleurs joindre à sa demande deux résolutions en sa faveur. La première provenant du conseil municipal de la ville de Bécancour et une autre, de la MRC de Bécancour lui accordant une modification à son schéma d’aménagement. Le dossier chemine ensuite à la CPTAQ, qui formule une orientation préliminaire. «Ces délais sont actuellement de 4 à 5 mois. Si elle est favorable, 30 jours plus tard, la décision est rendue» explique M. Lebeau.

«On croit avoir tout en main. Ça fait 35 ans que je travaille dans la protection du territoire agricole et huit ans que je fais de la consultation dans le domaine. Je crois que ce dossier peut être autorisé en fonction de la loi. D’autant que le terrain est déjà autorisé pour les fonctions de Parc par la CPTAQ», nous dit M. Lebeau. Quatre à cinq mois? Un revirement? La saison estivale n’est peut-être pas totalement hors de portée pour le camping équestre du Parc régional de la rivière Gentilly…

(Parution originale: Le Courrier Sud)

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud