Médiation citoyenne: Avant de déterrer la hache de guerre

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Chaque année, des citoyens font appel aux services de médiateurs afin de régler les conflits qui pourraient dégénérer, que ce soit entre voisins, entre un citoyen et une entreprise ou encore, dans les cas les plus déchirants, entre les membres d’une même famille.

Alors que le Mois de la Justice a pris son envol, il est bon de rappeler l’existence de ces organismes qui peuvent parfois nous éviter de fastidieuses et coûteusesdémarches devant les tribunaux.

« Je vous dirais que les situations nous sont souvent transmises par les policiers des municipalités, explique Stéphanie Fournier, coordonnatrice de la médiation citoyenne chez Équijustice, un organisme qui gère deux unités de médiation dans la MRC de Marguerite-D'Youville. On parle de relation de voisinage évidemment, mais ça peut toucher tout ce qui concerne les relations interpersonnelles. Ça peut impliquer des citoyens qui ont des conflits avec des commerces, mais nous avons aussi des situations qui se produisent à l’intérieur d’une même famille. »

Selon Mme Fournier, les demandes d'aide pour ce type de problématique sont plus communes de nos jours, notamment parce que le service est de plus en plus connu.

« Ça peut être par exemple des frères et des sœurs qui ne s’entendent pas sur des décisions à prendre par rapport à la santé d’un parent. Ou encore, des grands-parents qui se sont fait refuser l’accès à leurs petits-enfants et qui veulent avoir un contact avec eux. »

Devant des situations qui provoquent parfois des émotions et des réactions vives, il est donc important pour les médiateurs bénévoles de savoir garder un certain sang-froid. Selon la coordonnatrice cependant, une qualité est plus importante encore pour bien s’acquitter d’une tâche parfois délicate.

« Je vous dirais que la plus grande qualité d’un médiateur, c’est l’écoute, répond Mme Fournier. Ils sont là pour écouter de façon objective, sans juger, sans présupposer. Ils ne sont pas là pour donner des conseils ou pour partager leurs idées sur ce qui serait une bonne solution ou non. Ils sont là pour aider les gens à trouver eux-mêmes des solutions. »

Ces médiateurs bénévoles sont formés par les intervenants d’Équijustice afin d’aider les résidents qui font appel à leurs services à trouver des solutions créatives à leur problème. Et, afin d’assurer la neutralité promise, ces bénévoles se déplacent toujours par deux après avoir rencontré les parties individuellement dans le but de bien connaître les attentes de chacun.

« Les médiateurs bénévoles reçoivent une formation de base d’une vingtaine d’heures. Et par la suite, ils sont accompagnés par les intervenants. Ce que nous offrons en fait, c’est une alternative afin que les gens puissent en arriver à un terrain d’entente avant de devoir passer par la voie légale. »

En revanche, les médiateurs ne sont pas mandatés pour prodiguer des conseils légaux.

« Les conseils juridiques, ce n’est pas de notre ressort, précise Mme Fournier. Nous travaillons d’ailleurs en partenariat avec des organismes comme le Centre de justice de proximité. On va diriger les gens qui vont préférer aller du côté de l’option judiciaire vers ce service. Nous, nous sommes là pour proposer une alternative plutôt que de prendre la voie légale. Nous aidons les gens à trouver un terrain d’entente avant de passer à l’étape suivante. Et pour y arriver, ce qui nous intéresse, c’est d’abord de créer un espace sécuritaire pour que les gens puissent discuter ensemble de la situation qui les préoccupe. »

Pour faire appel aux services de médiation citoyenne d’Équijustice dans la région, composez le numéro qui concerne votre municipalité :

Boucherville : 450 449-0144

Longueuil, Saint-Lambert, Brossard : 450 647-9024 Poste 230

Verchères, Varennes, Contrecœur : 514 358-7249

Saint-Amable, Sainte-Julie : 450 733-0737

Steve Martin, Initiative de journalisme local, La Relève