Métaux BlackRock-Où s’en va le projet ?

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Au moment où la planète est un peu au ralenti, le monde minier lui est toujours en pleine évolution. Plusieurs minières sont en train de faire de la prospection dans le grand parc minier de Chibougamau-Chapais. Depuis quelques années, certains projets sortent du lot dans la région. Celui de Métaux BlackRock est un de ceux-là. On peut même dire que le projet situé à quelques kilomètres au sud de Chibougamau, sur le territoire de la municipalité, est le projet minier le plus avancé depuis l’ouverture de la mine Renard il y a quatre ans. Mais que devient ce projet ?

Il faut mentionner que le journal a tenté en vain de rejoindre les gens de Métaux BlackRock qui n’ont pas retourné nos appels. Mais nous trouvons important de faire un retour sur le projet. La dernière grosse nouvelle concernant Métaux BlackRock est l’obtention de leurs autorisations en provenance du ministère de l’Environnement au début du printemps 2019. Un premier permis avait été reçu en 2013, mais la minière avait dû apporter des modifications et a été par la suite dans l’obligation de répondre à plusieurs questions du ministère en raison de ces changements apportés au projet initial. Le vent dans les voiles, on a même commencé le déboisement sur le site prévu de la mine; on parle ici d’une quarantaine d’hectares.

À l’automne 2019, contre toute attente, on apprenait que la minière mettait sur pause les travaux prévus pour son usine de transformation de Saguenay et, du même coup, les travaux du site de la mine près de Chibougamau. Sans beaucoup d’explications, elle affirmait que les travaux devaient reprendre au printemps 2020 et que ses partenaires dans l’aventure étaient toujours derrière le projet. Or il s’avère que les travaux n’ont pas encore repris.

Départ et entente

Au cours de l’été dernier, Métaux BlackRock a dû jongler avec le départ de son directeur général, Richard Saint-Jean, qui était attaché au projet depuis fort longtemps. Celui-ci représentait le visage de Métaux BlackRock dans le secteur de Chibougamau. C’était lui qui avait vendu en grande partie le projet à la communauté et qui avait été un facteur important pour l’acceptabilité sociale de celui-ci. Il était le lien entre la population et l’entreprise. Selon les informations, sur le site de la compagnie, Richard Saint-Jean n’a pas été remplacé.

Une bonne nouvelle est arrivée vers la fin de l’été. Les dirigeants de Métaux BlackRock ont annoncé avoir signé une entente avec les communautés de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean, de Pessamit et Essipit sur la Côte-Nord. Ces ententes vont rejoindre celles déjà conclues avec les Cris sur le territoire de la Baie-James. Les ententes prévoient des sommes d’argent pour les communautés et la formation d’un comité de suivi afin de maximiser les retombées dans les diverses communautés touchées.

Que nous réserve l’avenir ?

Nous avons posé la question à plusieurs acteurs du milieu. Est-ce que le projet BlackRock est encore viable?

Plusieurs facteurs, selon les experts, pourraient compromettre sérieusement le projet. D’abord, il y a la qualité moindre du fer (magnétite), puis le procédé de traitement métallurgique pour séparer les différents métaux (fer-titane-vanadium) au Saguenay qui, selon certains métallurgistes, est archaïque et dépassé. La saturation du marché du titane peut aussi jouer ainsi que le financement.

La junior VanadiumCorp Resource, qui partage le même gisement que BlackRock, ne veut rien savoir du fer et du titane. Son seul intérêt, c'est le vanadium.

Il faut se souvenir que, dans la dernière version de l'étude de faisabilité de Métaux BlackRock, elle-même avait aussi incorporé la récupération du vanadium pour donner une plus-value au projet.

La rentabilité des projets de fer-titane-vanadium de Chibougamau passe par l'augmentation de la demande du vanadium dans les années futures pour les alliages avec l'acier et les batteries VRB, entre autres.

Tout le monde souhaite que le projet de BlackRock et les autres projets miniers près de la ville se réalisent un jour. Un projet qui démarre voudrait dire un boom économique sans précédent. D’autant plus que, dans le récent Plan québécois pour la valorisation des minéraux critiques et stratégiques 2020-2025, le vanadium est l'un des minéraux stratégiques identifiés par le Gouvernement du Québec.

René Martel, Initiative de journalisme local, La Sentinelle