Matières résiduelles : La vie après les bacs

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Autrefois, tout se retrouvait au dépotoir. Aujourd’hui, nos matières résiduelles sont triées, transformées, recyclées ou réutilisées, mais certaines sont encore enfouies. Portrait global du parcours de nos matières résiduelles, avec Catherine Levert-Martin, du Conseil régional de l’environnement (CRE) des Laurentides.

Tant dans la MRC de La Rivière-du-Nord que dans celle des Pays-d’en-Haut, toutes les matières recyclables se retrouvent au centre de tri de Lachute, exploité par Tricentris. Les papiers, cartons, plastiques, métaux et verres sont séparés, emballés en ballots, puis revendus au poids sur le marché pour être réutilisés.

Les différents types de plastique, par exemple, sont triés selon le petit numéro qui se trouve dans le symbole de recyclage. Les plastiques numérotés 1 et 2 sont emballés séparément et sont les plus populaires sur le marché, alors que ceux numérotés 3, 4, 5 et 7 sont emballés et vendus ensemble.

Ceux numérotés 6, comme les styromousses, ne sont pas recyclés au Québec, mis à part par quelques organismes où vous devez aller les porter vous-mêmes, comme Groupe Gagnon à Prévost. Comme ils sont légers, ils prennent plus de place pour un même poids, donc leur transport et leur traitement ne sont pas rentables économiquement.

Contrairement à d’autres endroits, le tri est très efficace et très peu de matière est jetée.

Les écocentres récoltent une kyrielle d’objets et de matériaux, comme les appareils électroniques, la peinture, les piles, les ampoules, les matelas, les meubles, les matériaux de construction, composantes de bâtiment comme les comptoirs, le bardeau et les feuilles de gypse… Bref, tout ce qui peut être récupéré, réutilisé, transformé ou qu’il est mieux de ne pas enfouir.

Divers organismes spécialisés viennent ensuite récupérer ces matières pour les transformer. Certains écocentres servent aussi de marché aux puces, où les matériaux sont vendus, revalorisés ou échangés.

Les déchets sont envoyés au dépotoir géré par Waste Management à Sainte-Sophie, à l’exception de quelques municipalités de la MRC des Pays-d’en-Haut, où ils sont envoyés au dépotoir de Lachute, géré par la même entreprise.

Là, ils sont enfouis, où ils prendront des milliers d’années à se décomposer. Le liquide contaminé qui s’en écoule, appelé lixiviat, est récolté par des tuyaux pour éviter de contaminer le sol ou la nappe phréatique. Les biogaz émis sont aussi récoltés pour générer de l’énergie.

Les matières organiques de la MRC de La Rivière-du-Nord sont envoyées à Mironor, à Brownsburg-Chatham, et celles de la MRC des Pays-d’en-haut sont envoyées à Englobe, à Lachute, ou à Compo Recycle, à Chertsey, selon les municipalités.

Les matières sont d’abord triées sommairement par une pelle mécanique. Elles sont ensuite disposées en andains : des tas faits sur le long, comme une saucisse. Les microorganismes décomposent alors les matières organiques pour créer du compost, qui sera utilisé en agriculture et en aménagement paysager.

Les andains sont aussi brassés, pour atteindre les conditions idéales d’oxygénation, d’humidité et de pH, afin d’accélérer la décomposition. Les microorganismes génèrent de la chaleur, et la température interne des andains peut monter jusqu’à 60ºC.

C’est d’ailleurs pourquoi, si vous faites du compost dans votre cour, vous devez éviter les matières animales, comme la viande et les os. En plus d’attirer des bêtes indésirables, votre tas sera trop petit, la température ne montera pas suffisamment et les matières animales ne se décomposeront pas adéquatement.

Enfin, le compost est tamisé avant d’être vendu.

Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès