Mentors passionnés cherchent relève motivée pour leur élevage de cerfs

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Sherbrooke — Au terme d’une année d’achalandage rêvé, les propriétaires de la Ferme le Sabot d’Or à Cookshire-Eaton préparent enfin leur retraite. Les producteurs de cerf rouge, qui ont eux-mêmes bâti cette entreprise en moins de dix ans, cherchent maintenant une relève à qui ils pourront léguer le savoir nécessaire à sa pérennité.

Gervais Therrien et Christiane Richard mettent en vente leur propriété de 38 acres de la route 253, qui inclut notamment une maison, un cheptel de 59 cerfs, des pâturages, une écurie et une boucherie approvisionnée par des producteurs locaux de bœuf, de porc, de sanglier et d’agneau.

« Je ne veux pas démanteler, établit l’homme de 63 ans. Je veux que ça continue et que je puisse passer ici et être fier de l’entreprise que ma blonde et moi on a montée. On veut devenir les mentors des acheteurs. S’ils ont du cœur et qu’ils veulent, pas besoin d’avoir de grandes connaissances. Ça s’apprend, tout ça, moi-même je ne suis pas venu au monde sur une terre. »

Depuis mercredi, le domaine est affiché sur DuProprio pour un montant de 1 275 000 $. Et le téléphone sonne déjà.

M. Therrien et Mme Richard, qui souhaitent simplement prendre un peu de recul et de repos, assurent qu’ils souhaitent déménager dans les parages. « Le futur acheteur, s’il veut, je peux lui donner un coup de main, précise M. Therrien. Je suis prêt à travailler deux jours semaine pendant plusieurs années. Je suis tellement actif, je ne peux pas arrêter du jour au lendemain! »

Côté élevage, il ne s’agit pas d’un investissement en temps particulièrement important, avance-t-il.

« Le gros de l’ouvrage, c’est de faire les parcs. On en a huit ou neuf, qu’on alterne pour qu’ils puissent se nourrir, puis on achète du foin en plus. Pour le temps, ça n’en demande pas beaucoup. Ma femme et moi allons faire les soins chaque matin. Quarante minutes et c’est fait. Elle y retourne ensuite l’après-midi faire une petite tournée. Ce n’est pas plus d’ouvrage qu’un animal à bœuf. Et juste le fait que l’animal reste tout le temps à l’extérieur, c’est beaucoup moins d’investissement en termes de soins vétérinaire. »

Retraite, prise deux

M. Therrien avait fait un premier essai de préretraite il y a 13 ans, lorsqu’il a vendu son entreprise Ébénisterie Gervais, basée à Sherbrooke. Les difficultés financières qu’ont rapidement connues les nouveaux propriétaires, qu’il avait financés, l’ont alors forcé à gagner sa vie à nouveau deux ans plus tard. « On s’est relevés, c’est ça qu’on fait quand on est Québécois. »

Après avoir élevé des chevaux de course pendant quelques années sur ce domaine de Cookshire-Eaton, celui-ci a eu l’idée de faire passer l’entreprise à un autre niveau. « Les courses ont arrêté et les chevaux se vendaient pour presque rien. J’en ai même donné. Je voulais demeurer dans l’agriculture, mais je cherchais une bête qui serait moins de travail qu’un cheval de course. Je suis aussi boucher de formation, alors je cherchais un animal qu’on pourrait éventuellement vendre directement à la ferme et qui se démarquerait. Il y a maintenant cinq ans qu’on a notre boucherie sur place. J’ai monté ça de A à Z, un client à la fois. »

Une décision qu’il ne regrette pas, puisque l’an dernier, l’engouement a été tel qu’il a décidé d’ouvrir 7 jours sur 7 plutôt que trois jours par semaine.

« À cause de la covid, ça a été une très belle année. Il y a eu un engouement pour le local et les ventes ont explosé », témoigne-t-il.

> pour consulter l’annonce DuProprio : https://duproprio.com/fr/estrie/cookshire-eaton/ferme-fermette-a-vendre/hab-976-rte-253-946976?utm_source=alerts&utm_medium=email&utm_campaign=qc-fr-property-l&fbclid=IwAR13fPTciCl6gM8BJCcfnjZnwpRUV92UWnyFOymEbO_FhFIs2eEdDzscCAI#description

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune