Miser sur la régionalisation de l’immigration

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Stratégie Carrière mise sur la régionalisation de l’immigration et tente de convaincre des familles montréalaises de s’établir dans la région. L’objectif: combler les besoins en main-d’œuvre des entreprises locales, mais aussi de lutter contre la dévitalisation de cette région où la moyenne d’âge est l’une des plus élevées au Québec.

Stratégie Carrière vient, en ce sens, de recevoir une aide de près de 120 000 $ sur trois ans du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

L’initiative n’est ni nouvelle ni unique ; nombre de régions québécoises tentent le coup. À Trois-Rivières comme ailleurs, les efforts semblent peu à peu produire des résultats. Stratégie Carrière convainc, chaque année, une quinzaine de familles immigrantes de s’établir en Mauricie avec, à la clé, un emploi gardé au chaud.

Beaucoup viennent de France, du continent africain et de l’Amérique latine, précise Luce Ricard, chargée de projet — régionalisation chez Stratégie Carrière.

« Ils finissent toujours par trouver un emploi. Malgré la pandémie, il y a des secteurs qui ont le vent dans les voiles, comme le domaine du textile, de la désinfection des locaux par pulvérisateur et dans le domaine de la santé et de l’éducation. On réussit à placer nos candidats et à leur trouver un salaire parfois plus attrayant que celui de la PCU, récemment rebaptisé», indique Luce Ricard.

Convaincre les familles

Pour convaincre des familles immigrantes établies à Montréal d’accorder leur faveur aux régions, Stratégie Carrière entretient des liens serrés avec quatre organismes de la métropole. Parmi eux, Carrefour Blé, Promis, Collectif, et Alpa.

L’organisation trifluvienne collabore aussi en Mauricie avec le Service d’accueil des nouveaux arrivants et la Ville de Trois-Rivières. La pandémie est toutefois venue brouiller les projets de Stratégie Carrière.

La directrice de l’organisme constate que les nouveaux arrivants sont souvent ceux qui perdent leur emploi en premier. «Par contre, il y a certains secteurs qui sont encore pénurie de main-d’œuvre et ça nous permet de les replacer rapidement », assure Annie Jean.

Il est clair que la pandémie aura joué les trouble-fêtes, à plus d’un titre. Les salons de l’emploi sont à proscrire, les déplacements déconseillés, les rencontres en personne aussi. L’organisme devra nul doute revoir ses objectifs à la baisse.

« Dans le contexte actuel, c’est un peu une boule de cristal. On essaie d’extrapoler en fonction de nos références antérieures, mais il est difficile de savoir comment va réagir le marché du travail et comment va s’articuler la reprise économique. On est un peu dans l’œil du cyclone. Quand on va en émerger, on sera en mesure de mieux diriger nos efforts, explique Annie Jean. Le ministère comprend bien la situation .»

Pour l’heure, Stratégie Carrière demeure donc en mode veille, mais continue de vanter les mérites de la région et de ses entreprises.

« On fait valoir le fait que c’est une ville à échelle humaine, qu’il y a de grands espaces, un atout non négligeable en ces temps de COVID-19. Il y a une vitalité économique, tout le réseau scolaire et une qualité de vie. On est en train de semer. C’est un travail de long terme. Quand les gens viennent ici, ils se rendent compte qu’ils y gagnent », conclut Mme Jean.

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud