Moins de Nord-Côtiers mais plus de gens employés en 2019, observe l’ISQ

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L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a présenté à la mi-novembre sa 12e édition du Panorama des régions du Québec. Parmi les faits saillants pour la Côte-Nord, l’ISQ indique un déclin marqué de la population depuis 2016, la croissance du produit intérieur brut (PIB) et une baisse du taux de chômage.

D’une part, la Côte-Nord est la région québécoise qui a enregistré le déclin le plus marqué de sa population entre 2006 et 2019 avec un taux de -7,3 pour mille. Qui plus est, des six municipalités régionales de comté (MRC) qui composent la région, aucune ne comptait plus d’habitants en 2019 qu’en 2016. Au cours de cette période, la Minganie est passée de 6592 à 6445 résidents.

La démographie négative de la Côte-Nord se chiffre à environ 6000 individus qui ont quitté le territoire depuis 2006. Le rapport note une perte de population chez les 64 ans et moins, dont une perte accentuée chez les 0-19 ans (23 423 versus 19 134 personnes). La région connaît cependant une hausse du nombre de 65 ans et plus. En 2019, un Nord-Côtier sur cinq est âgé de plus de 65 ans. De plus, l’âge moyen est passé de 38,8 ans en 2006 à 43,3 ans en 2019. L’amalgame de ces données laissent entrevoir que la région est bel et bien vieillissante.

D’autre part, l’ISQ constate une hausse significative du taux d’emploi pour le regroupement Côte-Nord/Nord-du-Québec avec + 7,5 points entre 2009 et 2019. Le regroupement des deux régions fait partie des territoires qui ont enregistré la plus forte hausse du taux d’emploi pour cette période. Par ailleurs, le taux de chômage pour le regroupement a baissé de moitié depuis 2009, passant de 10 % à 4,8 % (2019).

Le revenu disponible par habitant de la Côte-Nord augmente régulièrement depuis 2015, pour atteindre 29 426 $ en 2018, tout juste sous la moyenne québécoise (29 924 $). À l’échelle de la province, c’est dans la MRC de Caniapiscau que le revenu disponible par habitant est le plus élevé avec 40 385 $. En Minganie, il s’élève à 30 335 $.

Pour une seconde année consécutive, le PIB nord-côtier est en croissance. Après + 3,7 points en 2017, le rapport signale une hausse de 6,1 points en 2018. La Côte-Nord est notamment la région qui enregistre la plus forte augmentation du PIB par habitant pour la même année (6,9 %).

La région se distingue également par sa croissance de 15,3 % de production dans l’industrie d’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz. À noter que l’activité minière provinciale se concentre principalement en Côte-Nord, en Abitibi-Témiscamingue (+ 13,8 %) et dans le Nord-du-Québec (+ 9,4 %). La Côte-Nord est d’ailleurs passée au second rang des régions administratives en termes de valeur des livraisons minérales avec 2,61 milliards de dollars, soit le quart de la valeur totale de la province (10,73 G$). La valeur des livraisons minérales nord-côtières a bondi de 41,2 % par rapport à 2017.

En ce qui a trait à l’éducation, un tiers de la population de 25 à 64 ans du regroupement Côte-Nord/Nord-du-Québec (28,7 %) détient un certificat ou un diplôme d’une école de métiers comme plus haut niveau de scolarité en 2019. Un peu moins d’un quart possède un certificat ou est diplômé au niveau collégial, et 17,5 % sont des diplômés universitaires. Le rapport précise aussi que plus d’hommes que de femmes ont fréquenté une école de métiers (35,6 % vs 20,4 %), mais que plus de femmes que d’hommes ont un certificat ou diplôme universitaire (11,6 % vs 24,6 %). Le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires (DES) est similaire entre les deux sexes : 15,4 % pour les hommes et 14,6 % pour les femmes.

Le Panorama des régions du Québec de l’ISQ dresse chaque année un portrait socioéconomique des 17 régions administratives de la province et des MRC qui les composent.

Laurence Dami-Houle, Initiative de journalisme local, Le Portageur