Natasha Kanapé Fontaine à Matagami, Oleanna à La Porte-du-Nord

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C’est la poétesse et chanteuse Natasha Kanapé Fontaine qui repartira la saison culturelle de Matagami, le 9 mars à la salle multidisciplinaire du Centre civique.

Le spectacle de l’écrivaine innue, qu’on a pu voir dans Unité 9, s’inscrit dans l’ambition du directeur des loisirs de Matagami, Étienne Gravel, de faire une programmation culturelle qui soit un pont entre les cultures.

« De plus en plus, on veut rapprocher les cultures », de dire M. Gravel,en poste depuis 30 mois. « Les opportunités vont se présenter pour que ça se concrétise. On présente beaucoup de chansons et d’humour. Avec elle [Natasha Kanapé Fontaine], on va parler de sa culture. »

Le spectacle de Kanapé Fontaine, Nui Pimuten(Je veux marcher), se veut une soirée axée sur « l‘échange et la rencontre entre les peuples » et marie le chant, le slam et la poésie. Le pianiste et guitariste, Manuel Gasse,accompagne l’artiste originaire de Pessamit sur la Côte Nord qui, en plus de chanter, joue du tambour.

Un spectacle qui sort des sentiers battus, selon le directeur des loisirs de Matagami, avec une artiste qui a déjà dépassé le stade dit de l’émergence.

Quatre recueils de poésie

Née en 1991, Natasha Fontaine a,depuis 2021, signé quatre recueils de poésie chez Mémoire d’encrier. Le premier et introspectif N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures(2012) lui a valu le Prix des écrivains francophones d’Amérique. Bienvenuedans mon corps fatigué, affamé d’un monde parallèle, écrivait-elle. « J’ai oublié la formule qui cassait la brume des îles lointaines. »

Son second recueil, Manifeste Assi, a été finaliste au Prix Émile-Nelligan 2015, que remporta Rosalie Lessard. Suivront Bleuets et abricotset surtout Nanimissuat, Île-tonnerre, Prix des libraires 2019, une sortede manifeste de sa lignée féminine et autochtone, de chant de guérison.

Plus récemment, la maison d’édition Écosociété publiait Kuei, je te salue, un dialogue sur le racisme entre Natasha Kanapé Fontaine et le journaliste et écrivain, Deni Ellis Béchard.

Oleanna, aussi à Chibougamau

Le 6 avril, le Centre civique accueillera les comédiens Raymond Cloutier (La vie, la vie, Mémoires vives) et Catherine de Léan (la Véronique Lenoir de District 31)pour une représentation de la pièce Oleannaquerecevra à son tour, le 11 avril, l’auditorium La Porte-du-Nord.

Dans Oleanna, une étudiante universitaire vient discuter de la note qu’elle a récemment reçue avec son professeur quiambitionne de devenir doyen de son institution. La pièce dénonce le sexisme et le machisme. Elle est signée David Mamet (Redbelt et Phil Spector), qui l’a aussi adaptée au cinéma, avec William H. Macy dans le rôle du professeur.

« C’est assez actuel », note Étienne Gravel, très fier de présenter une pièce avec des comédiens de cette stature. « C’est du gros calibre », souligne-t-il.

La mise en scène d’Oleannaest de Raymond Cloutier.

Geneviève Leclerc

Le 23 avril, la salle multidisciplinaire recevraune des vedettes de La Voix, Geneviève Leclerc, pour un nouveau spectacle intitulé 176 notes. Accompagnée des pianistes Rich Coburn et Nick Burgess, Mme Leclerc interprétera une sélection de chansons du répertoire francophone, dont Le parc Belmont, Quand les hommes vivront d’amouret La vie en rose. Ellefera également un petit medley deCéline Dion.

« Ça s’adresse à une clientèle un peu plus âgée », précise le directeur des loisirs de Matagami.

En plus deLa Voix, Geneviève Leclerc s’est fait connaitrepar sa participation aux comédies musicales Les Misérableset Les Belles-Soeurs. En 2018, au Gala de l’ADISQ,elle était en nomination pour le spectacle anglophone de l’année.

Après sa tournée avec Marc Dupré, elle a accompagné le compositeur de renommée internationale Michel Legrand en Russie, où elle a interprété quelques chansons des Parapluies de Cherbourg.

Pour s’adapter à la pandémie, la capacité de la salle multidisciplinaire du Centre civique est réduite de 188 à 50 places. Un registre des présences est tenu et un placier dirige les spectateurs quidoivent conserver un masque et maintenir une distance de 1,5 mètre.

Denis Lord, Initiative de journalisme local, La Sentinelle