Nexelis devient numéro un mondial

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À Laval, la Cité de la biotech abrite une société de recherche contractuelle qui est non seulement impliquée dans la moitié des projets de développement de vaccins contre la COVID-19, mais qui s’affiche désormais comme «le plus important joueur» mondial en matière de tests cliniques liés à l’approbation de nouveaux vaccins.

Il s’agit de Nexelis, un prestataire de services auprès d’entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques né en 2015 (sous l’ancien vocable NÉOMED-LABS) à la suite de la fermeture du centre de recherche sur les vaccins que GlaxoSmithKline (GSK) exploitait au 525, boulevard Cartier.

Le 20 janvier, l’entreprise lavalloise annonçait une importante acquisition, la 5e à survenir au cours des trois dernières années.

D’ici la fin du mois de janvier, le laboratoire de bioanalyse clinique certifié GCLP que détenait GSK à Marburg, en Allemagne, sera la propriété de Nexelis, qui gonfle ainsi ses effectifs à plus de 360 employés dont près de la moitié œuvrent à Laval.

Composée de quelque 80 scientifiques et analystes, l’équipe allemande continuera à œuvrer étroitement avec le géant pharmaceutique britannique en soutien au développement de futurs candidats vaccins de GSK, et ce, en vertu d’un accord de collaboration stratégique d'une durée de 5 ans. «La sous-traitance stratégique permettra à GSK d'accroitre sa capacité de tests et son agilité [et] de continuer à accélérer le développement des candidats vaccins dans notre pipeline», a indiqué par voie de communiqué Emmanuel Hanon, chef de la R&D de GSK Vaccins, rappelant au passage «la réussite du transfert d’activités de laboratoire à Nexelis» en 2015.

Depuis 2017, Nexelis aura en moyenne doublé ses revenus chaque année pour atteindre le plateau des 100 M$ US en 2021, indique son président et chef de la direction, Benoit Bouche.

«Le segment de la bioanalytique dans le domaine des vaccins est une niche de l’ordre de 250 M$ et notre part de marché mondiale est supérieure à 20 %», précise-t-il.

Benoit Bouche souligne également que les quelque 150 employés affectés aux laboratoires de Laval sont actuellement mis à contribution pour les essais cliniques de 20 des 42 projets de vaccin contre la COVID-19 en développement à travers la planète.

En clair, le mandat consiste à valider l’efficacité des candidats vaccins en vue de l’ultime homologation des agences réglementaires, tels Santé Canada et la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis.

Les méthodes analytiques et les plateformes technologiques de pointe développées par Nexelis lui assurent une capacité de tests d’échantillons cliniques à très haut débit.

«Notre capacité d’analyse est de 10 à 15 000 tests par jour», illustre M. Bouche en évoquant l’ensemble des laboratoires que l’entreprise possède dans ses cinq installations en Amérique du Nord et en Europe.

Entreprise détenue par la société de portefeuille Ampersand Capital Partners, Nexelis a le vent dans les voiles et entend bien poursuivre son expansion comme en témoignent les 80 nouvelles embauches projetées en cours d’année.

«On s’engage à recruter au moins 100 nouveaux chercheurs à Laval dans les 3 années qui viennent, dont 40 en 2021», termine Benoît Bouche.

Dans la foulée de cette expansion à très court terme, le patron de Nexelis est d’ailleurs à évaluer l’occupation d’un second site à la faveur d’un immeuble vacant de la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine.

Stéphane St-Amour, Initiative de journalisme local, Courrier Laval