De nouvelles voix s'élèvent contre le projet de la FCMQ

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De nouvelles voix s’élèvent pour s’opposer publiquement au modèle de financement que souhaite implanter la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) afin de réduire les écarts de revenus entre les divers clubs de la province.

Depuis deux semaines, les instances de plusieurs clubs d’un peu partout se mobilisent contre le nouveau modèle, Objectif 2020, auquel ils ont adhéré sous forme de projet-pilote.

En vertu de ce modèle, appliqué à l’invitation de la FCMQ, une somme de 200 $ est accordée pour chaque kilomètre de sentier reconnu auquel s’ajoute une somme de 70 $ pour chaque heure de surfaçage effectué ainsi que 10 $ par membre d’un club ayant acquis un droit d’accès. Sous la formule traditionnelle, chaque club reçoit de la FCMQ 160 $ par droit d’accès acquis.

Depuis la sortie médiatique de mardi faite dans Le Quotidien par des dirigeants de clubs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, certains dirigeants de clubs de la région des Laurentides et de Québec ont tenu à faire part de leur opposition au projet Objectif 2020. Soulignons au départ que tous ont convenu de la nécessité de mieux répartir les revenus tirés des droits d’accès entre les clubs dits « riches » et ceux plus « pauvres ».

Clément Belval, trésorier du Club de motoneige Blizard, qui opère un réseau de 2473 kilomètres dans les secteurs Sainte-Marguerite du Lac Masson, L’Esterel, Entrelacs et Saint-Hippolyte, accuse la FCMQ de vouloir s’approprier tout l’argent des clubs locaux au détriment de leur autonomie, et ce, avec l’établissement d’une formule uniforme à travers toute la province, sans tenir compte des réalités régionales ou locales. « Il y a deux ans, la FCMQ a voulu nous embarquer dans sa nouvelle formule. Les 21 clubs des Laurentides, on s’est réunis pour établir un partage régional. On a proposé ça à la FCMQ et on n’a même pas eu de réponse », affirme-t-il. Il précise que dans le cadre du projet proposé, la région des Laurentides aurait dû transférer ses surplus de 300 000 $ à 400 000 $ pour éponger le déficit des clubs gaspésiens.

M. Belval prédit que si la nouvelle formule est appliquée à l’ensemble de la province, c’est le sentiment d’appartenance et le bénévolat au sein des clubs qui risquent de s’effriter, tandis qu’on assistera à une hausse des droits d’accès.

Il compare la situation à l’organisation du Canada, dans lequel le fédéral, assimilé à la FCMQ, disposerait de tout l’argent, alors que les provinces (clubs) devraient quémander l’argent alors qu’ils fournissent les bénévoles sur le terrain, la négociation des droits de passage, etc.

Dans la région de Québec, une autre réalité a été exprimée par Mario Bernier, président du Club de motoneige Le Petit Sentier Saint-Émile. Ce club compte 750 membres et entretient 35 kilomètres de sentiers en milieu fortement urbanisé, entre le marché Jean-Talon, la réserve de Wendake et Stoneham, Lac-Saint-Charles et le Haut-Charlesbourg. Il s’agit d’un secteur névralgique où passe le sentier 3 reliant l’est et l’ouest de la province. M. Bernier affirme qu’il n’est pas question d’embarquer dans Objectif 2020, même s’il est d’accord pour une meilleure redistribution des revenus entre les clubs, à la condition de ne pas déshabiller les plus riches au profit des plus pauvres. « Le point d’accrochage avec la FCMQ est la façon dont on redistribue l’argent. On ne tient pas compte de la réalité des milieux. Nous ici, on doit négocier huit droits de passage pour traverser un kilomètre de sentier. Avec la nouvelle formule, la FCMQ veut nous couper les deux tiers de nos revenus », affirme-t-il.

Selon lui, avec 33 000 kilomètres de sentiers à entretenir et plus d’une centaine de clubs actifs, il serait peut-être temps de parler de fusions et de rationalisation du réseau. Il ajoute que la volonté d’établir le nouveau modèle tel qu’il a été élaboré est inacceptable pour la majorité des clubs de la province et qu’il revient aux membres des clubs de prendre les décisions et non à la FCMQ de décider pour la base. « Ça prend une décision de nous tous. La FCMQ est là pour nous représenter, ce qui n’est pas le cas actuellement », conclut-il.

Denis Villeneuve, Initiative de journalisme local, Le Quotidien